L'ETOILE ET SON HISTOIRE par Ghislain LANCEL
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Le Conseil de révision à Picquigny
vécu par les stelliens

 

Un témoignage par J. Jouanjean

« Je m’en souviens bien, c’est un événement que l’on n’oublie pas ! Le 24 avril 1957, nous étions tous là. Le matin il y avait eu un petit pincement au cœur…. Les copains des années précédentes n'avaient pas hésité à en rajouter ! Alors, allez savoir comment on se retrouverait, tout nu devant les médecins militaires… ça angoisse…. Mais finalement ça se passait très bien ». Ainsi témoigne Jacky Jouanjean, l'un de ceux de L'Etoile de la Classe 58. « Le Conseil se déroulait à Picquigny, dans des locaux mis à disposition par la mairie... A la sortie, on nous vendait des cocardes que l'on épinglait sur notre veste, ça voulait dire Bon pour le service ! »

Les souvenirs de J. Hérouart

Jacky Hérouart, de la Classe 64, y est passé aussi, il nous livre ses souvenirs après un bref historique :

En 1798 le Directoire rendit le service militaire universel et obligatoire. Les recrues levées par le système de la conscription devaient affronter une commission appelée « Conseil de révision », laquelle statuait sur l’aptitude des jeunes gens à accomplir leur service militaire.

Les conscrits de l’Etoile devaient se rendre au chef lieu de canton, en l’occurrence à Picquigny, pour passer devant la commission. Jusqu’en 1960 c’était en tenue d’Adam que la visite devait s’effectuer. A la queue leu leu, après avoir été examinés sous toutes les coutures, poids, mensurations, vue, ouïe, signalement de maladies graves éventuelles…, nous quittions généralement avec succès la salle de visite pour aller acheter toutes sortes de breloques et décorations portant des inscriptions du genre : « Bon pour le service » ou « Bon pour les filles ». On les épinglait fièrement à notre veste. Puis l’on posait pour la traditionnelle photo, à proximité de la mairie de Picquigny, en compagnie des membres de la famille, ainsi que de deux futurs conscrits de l’année suivante qui venaient faire leur apprentissage ! Enfin l’on rentrait à l’Etoile pour faire la fête et arroser l’évènement. Nous étions accompagnés par quelques membres de la fanfare, notamment des clairons. Ainsi, après avoir traversé la rue principale de la commune en chantant des airs de l’époque, toute la population savait que les conscrits étaient de retour à l’Etoile.

Dans les semaines qui suivaient on mettait en place une coutume qui remonte à une époque indéterminée. Dans un premier temps on faisait confectionner quelques centaines de brioches par le boulanger, brioches que l’on proposait ensuite à la population en faisant du porte à porte. C’était une friandise qui se vendait très bien, et avec le bénéfice de cette vente on pouvait ensuite organiser un bal le dimanche après midi, le fameux « Bal des Conscrits ». Il avait lieu à la salle des fêtes ou bien dans la grande salle du café du pont tenu par Mme Suzanne Cresset. Afin d’éviter les frais on faisait appel à une petite formation locale appelée « Mélodie guinguette » avec Daniel Hurier à la batterie, Robert Vasseur à l’accordéon, René Boulanger à la trompette et Robert Chivot au saxo alto. C’était surtout les jeunes gens qui venaient danser. Enfin pour clore nos festivités, nous nous retrouvions au banquet regroupant tous les conscrits, parfois accompagnés de leur petite amie. C’est « Man Suzanne » qui en 1962 nous prépara ce banquet qui se termina dans une ambiance indescriptible.

Quelques jours plus tard, le bilan financier effectué, nous remettions le reliquat aux deux représentants des conscrits de l’année à venir. Mais il faut avouer que la somme allouée était bien maigre.

L’année suivante après avoir effectué nos trois jours à Cambrai, nous étions mobilisés et répartis dans nos garnisons respectives.


La valise en bois du conscrit
Claude Decaix (Classe 1961)

Ceux dont l’un des parents, ou l’intéressé lui-même, travaillait chez Saint Frères, se voyait offrir une valise en bois afin de pouvoir emporter ses effets personnels. Elle était fabriquée par un des deux menuisiers de l’usine des Moulins Bleus, Alcide Buteux ou Marcel Bonnard. Cette valise avait le mérite d’être d’une solidité à toute épreuve et avait ainsi l’avantage de servir de siège lorsque la fatigue des voyages pour rejoindre notre base se faisait ressentir.

A la fin des années 60, l’Etat en mettant un terme au recrutement par la voie du Conseil de Révision mettait également un terme à une bien sympathique manifestation qui avait le mérite de rassembler quelques mois les adolescents, futurs soldats, qui devaient représenter la commune de L’Etoile dans les différents corps d’armées.

Autres photos et témoignages

Vous avez, vous aussi, des photos, témoignages ou souvenirs piquants, n'hésitez pas à me les communiquer !

 

Remerciements : Jacky Hérouart (texte), Régine Pecquet (interview de Jacky Jouanjean) et Charline Chamu-Pecquet.

Dernière mise à jour de cette page, le 7 septembre 2006.

 

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