L'ETOILE ET SON HISTOIRE par Ghislain LANCEL | |||
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Voici quelques mots de l'ancien parler de L'Etoile, encore connus de quelques stelliens de souche... Certains mots n'ont pas de traduction évidente en français, parce que ne s'exprimant que dans une phrase, où décrivant un fait ou geste qui ne se pratique plus guère (comme Ratrucher). Dans ce cas le picard remplace la défaillance du Français !
Cireux. Glorieux. Connu par les dictons "L'Etoile pour la gloire", reprenant certainement "Ches cireu de L'Etoile" rappelant que les habitants de L'Etoile étaient plus amoureux des honneurs que de la richesse. Le dicton complet, faisant intervenir deux villages voisins, était "L'Etoile pour la gloire, Condé-Folie pour éle maquerie, Bouchon pour la raison" [Ouvrage non identifié, pp. 278, 331-332]
Katla : Ch’catla (ou ch’ katla), c'est le Camp-César de L'Etoile. Max Lejeune ne cessait de l'admirer quand il prenait le train d'Amiens à Abbeville. Cette appellation désigne en fait un château (Ch'catieu). On peut donc penser que cette désignation est très ancienne, datant de l'époque où l'on voyait encore les ruines d'une tour dans la motte castrale du Camp-César (2 et 3).
Kechure : chaussure. Foere eine bouflette à ch'lachet del kechure : Faire un noeud au lacet de sa chaussure (2).
L'Etoele : C'est évidemment L'Etoile, notre village, ch’poéy (le pays) où vécurent nos ancêtres (2).
Ognon : oignon. Quand o so point d'ognon on deusse sin pain à l'ail : "Quand on n'a pas d'oignon on frotte son pain avec de l'ail", variante du bien connu dicton : "A défaut de grives on mange des merles" (5).
Ouègner : grincer. In car qui ouégne i ouégne longtemps : "Un char qui grince grincera longtemps encore", peut s'utiliser pour dire élégamment "Qui a bu boira" ! (5).
Pronieu. Ch' pronieu sul badrée. Le pruneau est à l'honneur dans la version picarde de "La cerise sur le gâteau", le pruneau sur la badrée, la crème de la tarte picarde ! (5). Recette de la tarte à l'badrée (Pour 6 personnes : 250g de farine, 125g de beurre, 4 œufs, 7 cuillerées à soupe de sucre en poudre, 1 gousse de vanille, 50cl de lait, 2 cuillerées à soupe de fécule de maïs, sel fin). Tamiser la farine et la verser dans une terrine, faire une fontaine et y ajouter le beurre en morceaux, 1 jaune d'œufs, 1 pincée de sel et 2 cuillerées à soupe de sucre en poudre. Incorporer les ingrédients les uns aux autres et amalgamer la pâte en ajoutant 1 demi-verre d'eau. Faire une boule et la laisser reposer au frais pendant la confection de la garniture. Pour celle-ci, fendre la gousse de vanille en deux, la mettre dans une casserole, verser le lait et le faire bien chauffer. Battre les œufs entiers avec le blanc restant, ajouter le reste de sucre et la fécule de maïs. Lorsque le mélange est homogène, verser le lait bouillant en remuant, après avoir retiré la gousse de vanille. Mettre cette crème sur le feu et mélanger en faisant chauffer jusqu'au premier bouillon. Retirer du feu et laisser tiédir. Pendant ce temps, étaler la pâte et en garnir une tourtière. Verser la crème tiède par-dessus et faire cuire dans le four à 200°C pendant 30 minutes. Laisser tiédir ou refroidir avant de servir. Avant de cuire, on peut ajouter... un ou plusieurs pruneaux !
Ratrucher (raticher) : Essuyer (avec du pain) le fond d'un récipient ayant contenu de la nourriture (Ratrucher son assiette). Ratrucher une carcasse de poulet dont prélevé les bons morceaux, c'est récupérer les menus morceaux de viande qui restent sur cette carcasse, soit avec un couteau, soit directement avec les dents en tenant la carcasse des deux mains ! (2)
Rédailler : Errer (dans les sentiers des étangs), se promener sans but, déambuler (2).
Treu tourni : Ch'treu tourni, c'est le puits (le trou) du Camp-César. On disait aussi, mais plus rarement, ch’puits tourni. On ne sait plus aujourd'hui pourquoi on qualifiait ce puits de l'ancienne motte castrale de tourni mais il est vraisemblable que sa profondeur donnait le tournis à ceux qui regardaient au fond, dans le sens de "trou vertigineux", comme on dit "tu m'donnes el' teurni", tu parles tellement (ou) tu bouges tellement que j'en ai le vertige ! On en rajoutait peut-être un peu aussi dans l'expression, par précaution, pour en éloigner les enfants... (1, 2 et 4).
Vernaniostopana ! C'est un jeu de mot picard que l'on renvoie à une personne qui ne comprend pas un mot en picard, mis involontairement dans une phrase en français. En lui répondant Vernaniostopana, elle comprend tout de suite... (Un) ver n'a pas d'os, (mais) une taupe (elle) en a ! Eclat de rire complice garanti des picards présents en réponse aux yeux ronds de l'interlocuteur ! Curieusement, de même que se développe l'écriture phonétique des jeunes générations dans les mails et autres tchats, ces jeux de mots picards se retrouvent maintenant dans les pseudonymes des forums et sites d'achat par web... (2)
Contributeurs : (1) Pierre Chevalier ; (2) Jacky Hérouart ; (3) Max Lejeune ; (4) Marc Roussel ; (5) Régis Guéant.
Première publication , le 17 décembre 2007. Dernière mise à jour de cette page, le 31 mars 2013.
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