L'ETOILE ET SON HISTOIRE par Ghislain LANCEL

Chronologie des ponts, compléments et justificatifs d'archives

(942, pour info) : lors de l'assassinat de Guillaume Longue-Epée, sur l'île de Picquigny, les eaux étaient profondes (ou au moins sans gué) et il ne pouvait y avoir de pont. Deux chemins devaient longer la Somme, de part et d'autre, sans jonction [BSEA, 1943-47, p. 289].

(1190, pour info) : première mention d'un pont à Picquigny [BSEA, 1943-47, p. 289, qui cite AN, R1/35].

1217 : Aleaume d'Amiens et ses héritiers devront entretenir le pont de L’Etoile, élargi à XX pieds aux frais de la commune d'Amiens parce qu'il entravait la navigation [BMA, AA 1, f° 167, 1re lettrine ; autre copie en AA5, f° 22v°]

Ego Alermus de Ambianis, d(omi)n(u)s de Stella, om(n)ibus tam presentib(us) q(uam) futuris notum fieri volo, q(uod) cum dilecti mei major et cives Ambian(enses), sepius et freque(n)ter petissent a me, q(uod) facerem pontem Stelle ampliari et elargare ita ut naves ibidem transeuntes liberiorem cursum et transitu(m) possent recup(er)are, quia cursus aque ibidem solito q(uam) plurimum artabatur, videns qu(on)i(am) laudabilem petitionem et oportuna(m) faciebant, int(er) me et ipsos cives taliter fuit condictu(m) q(uod) predicti cives ad presens propriis su(m)ptib(us) suis pontem predictu(m) reficient, et juxta q(uo)d viderint cursui navium expedire, ad mensura(m) viginti pedum elargabu(n)t. Ego aute(m) et heres meus de cetero ad n(ost)ros p(ro)prios su(m)ptus juxta modu(m) et mensura(m) viginti pedum latitudinis, ponte(m) p(re)dictu(m) quando neccesse fuerit reficiemus. Postmod(um) vero si prefati cives vellent i(n)futurum, pontem ipsum ampliare et elargare, ad su(m)ptus p(ro)prios suos, illu(m) elargarent. Et ego vel heres meus extunc in antea juxta modu(m) et pu(n)ctu(m) q(u)o tunc ipsum pontem reficerent et elargarent, ad n(ost)ros p(ro)prios su(m)ptus, illu(m) reficerem(us) et in tali statu illu(m) imp(er)petuu(m) tenerem(us). Et ut hoc firmu(m) et stabile imp(er)petuum haberetur, presentem cartam dictis civib(us) Ambianis donavi i(n) hujus rei testimonium, sigilli mei munimine roboratam. Actum Ambianis anno domini millesimo ducentesimo septimo decimo, mense januario.

[Traduction : Moi, Aléaume d'Amiens, seigneur de L'Étoile, à tous aussi bien présents que futurs, je veux qu'il soit connu que, puisque mes chers (amis) maïeur et citoyens d'Amiens m'ont souvent et fréquemment demandé que je fasse agrandir et élargir le pont de L'Étoile, de sorte que les bateaux traversant à cet endroit puissent retrouver une course et une traversée plus libre parce que le cours de l'eau est à cet endroit habituellement très entravé, voyant aussi qu'ils faisaient une pétition louable et opportune, entre moi et les citoyens eux-mêmes il a été ainsi convenu que les susdits citoyens referaient dans le présent à leurs propres frais le susdit pont, et parce qu'ils l'ont vu entraver la course des bateaux, ils l'élargiront jusqu'à la mesure de vingt pieds (6,50 m). Quant à moi et mon héritier - pour le reste - c'est à nos propres frais et jusqu'à une mesure de 20 pieds de largeur que nous réparerons le pont quand cela aura été nécessaire. Ultérieurement, si les susdits citoyens veulent agrandir et élargir le pont lui-même, ils l'élargiront à leurs propres frais. Et dès lors, moi ou mon héritier referons et élargirons le pont lui-même aux mesures qu'il avait auparavant à nos propres frais et nous le referons et entretiendrons. Et pour que ce soit maintenu ferme et stable à toujours, aux susdits citoyens, j'ai donné, en témoignage de cette chose, la présente charte, confirmée par l'imposition de mon sceau. Fait à Amiens, en l'année 1217, mois de janvier.]

(1219, pour info : Ordonnance qui interdit les barrières sur la Somme, depuis Corbie jusqu'à la mer, pour cause d'entrave au commerce. Le droit de travers continua pourtant d'être exigé à Picquigny, Long et Epagne [MSAP, t. 17, p. 365]). Un lieu dit Barrières était encore porté en 1783 sur le plan RL 57/2, juste à côté et en amont du lieu-dit Au bacque (pont de L’Etoile, mais sur l'actuel territoire de Condé-Folie). L’emplacement de ce lieu-dit des barrières sous-entend que les vraies barrières furent posées en travers de la Somme (celle canalisée et non celle de l’ancien lit) et que, probablement, le pont de 1217 était placé lui aussi sur cette nouvelle Somme.

1240 (décembre) : Jean, Thibaut et Aléaume d'Amiens, et la commune d'Amiens, sont cités à propos d'un accord concernant le pont de L’Etoile [AA1, f° 155v; AA5, f° 23].

1346 (22/23 août) : Il semble qu'à quelques jours de la désastreuse bataille de Crécy (26 août), premier affrontement d'envergure de la guerre de 100 ans, L’Etoile œuvra de manière radicale pour s'opposer aux anglais, en détruisant le pont. Ainsi le roi d'Angleterre, délaissant Beauvais, se retrouva provisoirement bloqué : "c'est pourquoy il estoit fort en peine de trouver quelque passage ; car le pont du village de l'Estoille estant rompu, & les autres passages estant bien gardez par des soldats de Picardie, Edoüard estoit au désespoir ..." [Chroniques des maieurs d'Abbeville, dans Histoire Généalogique des Comtes de Pontieu, p. 321 (par le R. P. Ignace)]. Froissart confirme implicitement l'absence du pont puisque l'avant-garde de l'armée, partie d'Airaines où se trouvait le roi d'Angleterre, n'essaya de franchir la Somme qu'aux villages voisins, à Long et à Picquigny [Froissart, publié par S. Luce, t. 3, p. XLIII, 155/6, 388/9.]. On sait que ses troupes franchirent pourtant la Somme, mais au gué de Blanquetaque, avant que de se diriger vers Crécy.

(1362, pour info) : A Daours, le pont qui avait été détruit par ordre du roi sera remplacé par un bac jusqu'à ce que la sécurité soit assurée [MSAP, t. 13, p. 368]. À Long, le pont détruit sera reconstruit, mais il ne sera pas assez large pour le passage des nautes (rappelons que le château avait aussi été volontairement rasé) [MSAP, t. 17, p. 360].

XVs. : Péage au pont de Picquigny (CRDP. L'Ecole... Aujourd'hui, N° 13 juin 1976).

1516 : Le pont fut démoli durant les dernières guerres avec les anglais, et Antoine I Leblond en achète du bois en même temps que la seigneurie [A. Ledru, t. 2, p. 266]. 1er août 1516 « les bois du pont dudit Lestoille que puis ancien temps a été démoli » [f° 108 v° - Acquisition Leblond - Archives privées M. Jean de Mailly-Nesle, à Requeil (72)].

1585 (3 janvier) : L'échevinage d'Amiens adjourne le vidame d'Amiens, le Sieur de l'Estoille, "pour les entreprinses par eulx faictes sur le grand cours de la rivière de Somme, en y establissant quelque molin, et pour réparer et entretenir par ledit sieur de Lestoille, le pont dud(ict) lieu de Lestoille, traversant ladicte rivière de Somme, en la largeur de vingt piedz, ainsy qu'il a esté anciennement construict aux despens de ceste ville" [BB 46, f° 177].

1589 (23 janvier) : il "y a contract faict avec les maire et eschevins de laditte ville [d'Amiens], par lequel ilz [Antoine Leblond et consorts] peulvent construire ung molin jouxte le pont de Lestoille, et que le moulin ainsy qu'il est basty n'est poinct nouvelle entreprinse et a esté de tout temps et antienneté en la forme qu'il est [!]" [BMA, DD 150/2 (d'après les reg. du Parlement)]. Voir en 1585 et en 1605.

1635 (peu après le 6 février). Le pont est toujours existant, la déviation de la Nièvre est à un jet de pierre de la Somme et les religieuses estiment avoir un droit de pêche jusqu’à ce pont : [Le sieur Leblond] oste entièrement aux Dames d(emande)resses la pesche depuis l'endroict où il a faict l'ouverture, qui donne l'eaue de la rivière de Nœvre au canal qui flue à son moulin, jusques à l'endroict où ladicte rivière de Nœvre perd son nom en la Somme, qui est de longueur plus que d'ung ject de pierre, et encores la lui oste de cest endroict où elle perd ainsi son nom en la Somme jusques au pont de L'Estoille, qui en est distant près d'une demie lieue [78 H 19, n° 18].

1648 (29 mai) : Achat d’un bateau par la communauté, par emprunt de la somme de 126 livres. « Noël Papin, eschevin et l’un des habitans du vill(age) de Lestoille, Pierre Fricot, Jean Billehault, Jean Raullé, tous laboureurs dud. vill(age), eulx faisans et portans fort des aultres habitans et com(m)unaulté dud. lieu, lesquels moyennnant la so(mme) de cent-vingt-six livres »... « po(ur) achepter un basteau po(ur) servir à passer lesdictz habitans et leurs bestiaux par la rivière de Somme, dud. Lestoille à l’aultre costé, et au delà dud. vill(age) po(ur) aller aux prez et pasturages du mesme village » [ADS, 3E 29135].

1660 (janvier) : Dans la donation d'Antoine IV Leblond à son fils, est mentionné un "droict de passage et pontage et baque" [B 92, f° 144 v°].

1672 : Bail de passeur pour Miannay, à effet au 1er mai 1672 [3 E 29798, f° 16 v°].

1714 : Un plan de Condé Folie mentionne une "Rue descendant au Baque de Lestoille", rue qui parait dans l'actuel prolongement de la Rue du Pont, à L’Etoile. [G 2225].

1714 : Un récit confirme que le grand chemin d'Abbeville à Amiens longeait d'abord la Somme par la rive droite puis la traversait à L’Etoile. Les voyageurs y empruntaient le bac, prétexte à un péage de quelques sols : "je pensay lorsque je fus de retour à Abbeville à me procurer une voiture pour Amiens. Il y a celle de l'eau par la Somme, et celle de terre par une espèce de chariot : celle-ci se trouvant prete, je m'en servis [...]. Nous passames un lac [bac] au lieu appelé L’Etoile, village où sont des gabeleurs [mention "douaniers" en marge de l'ouvrage]. Ceux-ci se contentèrent de quelques sols marques pour certains droits, que nous leur donnames volontiers pour me dégager au plus vite de leur mauvaise compagnie. Notre dinée, je pense au lieu appelé Hangest, le plus déplorable gite où je me sois trouvé depuis que je vois le jour." [Un voyage en Flandre, Artois et Picardie, en 1714, par A. Eeckman, d'après le manuscrit du sieur Nomis. BMB, B6691].

1720 (vente) : "bacque, pêche dans ladite rivière de Somme" [25 H 2, f° 373].

1735 (12 janvier) : Guillaume Burier, passager [au sens de passeur] du bac [f° 273].

1749-1757 : Bail du bac à Claude Lejeune, pour 9 ans « Bail du bac de L'Etoile pour 9 ans, moyennant 600 livres et les réparations tant grosses que menues » [2C 1195, f° 17 (2 décembre 1748)] et « Procès-verbal de visite du bac et maison sis à L'Etoile » par ledit Lejeune [2C 1195, f° 22].

1752 (22 août) : Arrest du Conseil d'Etat du Roi, qui permet au sieur [Calonne de] Coquerel de continuer de tenir un bac sur la rivière de Somme, au lieu de L’Etoile. Les tarifs y sont insérés, ainsi : 3 deniers tournois par personne à pied, pour passer et repasser le même jour ; 3 sols 6 deniers par carrosse attelé de 2 chevaux ; 9 deniers par bœuf ou vache, à chaque passage ; 1 sol par douzaine de porcs, de chèvres, de moutons ou brebis. Le seigneur sera tenu d'afficher les prix, d'entretenir le bac et les bateaux, de même que les chaussées d'accès. Les prix ne pourront être modifiés, même en temps de débordement de la rivière. [DA 785]

1753. « la rue qui conduit au bacq » [3 E 30220, art. 36].

1753 : " Près le bacq de l'Estoille, nous avons remarqué une isle dans le lit de la rivière, de trois toises de longueur sur deux de large. " [C 1973, pièce 4 (Visites de la Somme)].

1755. Par contrat de mariage Clément Beurier reçoit de son père Guillaume le matériel servant à la pêche et faisant partie du marché du bac : « Déclare encore, ledit Guillaume Beurier père, donner […] tous les ustencils qu’il a en sa maison et autres endroits audit Letoille, qui lui appartiennent, servant à la pêche, faisant partie du marchez du bac, consistant en trois batteaux dont deux grands et un petit, une chaudière de cuivre d’airain, une cuve relié de cercles de bois, tous les filets grands et petits, et généralement tout ce quy concerne et sert ladite pêche » [3 E 26056].

1757 : Le bac est mentionné sur la minute de la carte de Cassini, mais il disparaît sur les tirages. De même la minute montre une Somme légèrement tortueuse, alors qu'une canalisation (de part et d'autre de L’Etoile !) apparaît dans les publications imprimées.

1760-62 : saisie effective sur Clément Beurier, fermier du bac, (et sur celui du moulin) afin que le séquestre puisse payer le Chapitre de la redevance foncière que le seigneur refuse d'honorer [G 2244 et 2245]

1763 (8 juin) : Roland de La Platière, qui sera ministre en 1792, voyageant d'Abbeville à Amiens, part en suivant la vallée (au lieu de prendre le grand chemin neuf qu'il rejoindra à Picquigny) : "à L’Etoile, qui est environ le milieu de la route, il faut traverser la rivière en bateau" [BSEA, 1918-21, p. 171]. Il est donc clair que pour un tel voyage, l'on prend le Grand Chemin ou, si l'on choisi le plus court trajet (très agréable), l'on ne peut poursuivre après L’Etoile sur la rive droite et qu'il faut donc passer le bac.

1763 (11 août). Saisie réelle : "un bacq, maison, chambre et trois étables pour l'usage du fermier dudit bacq, droits de pêche dans ladite rivière de Somme, lesdits droits de bacq et de pêche, affermés à Clément Burier cincq cens livres" [B 206, f° 69 v°].

1764 (avant) : il y a un bac pour passer la Somme (Expilly).

1764 (4 avril) « Roolle de répartition entre les habitants pour passage de leurs bestiaux au bacq de Létoille, montant à la somme de 80 livres pour une année seulement, échue au mois de décembre dernier, payable au sieur Clément Beurier, fermier dudit bacq » [2C 1204, f° 35 v°].

1768 (3 juin) [Tarifs du bac (début)] : ordonnance du bailliage (à trouver) concernant le bac [AN, H4 2978]. Voir la défense d'exécution du 13 du mois, puis l'avis contraire du 1er août, et les suites de l'affaire jusqu'au 23 mai 1769.

1768 (8 juin) [Tarifs du bac] : sentence rendue contradictoirement au bailliage d'Amiens (à trouver), entre les habitants de L’Etoile et Condé-Folie-Bas, demandeurs du maintien de l'abonnement du 25 mai 1681 (appliqué par tous les prédécesseurs), et le sieur Jourdain qui s'en tient à l'arrêt de 1752 (favorable à ce dernier). Appel est interjeté au Parlement de Paris par les habitants [AN, H4 2978]. Voir la défense d'exécution, le 13 du mois.

1768 (13 juin) [Tarifs du bac] : arrêt de la cour du Parlement de Paris qui reçoit les habitants de L’Etoile et fait défense d'exécuter les sentence et ordonnance des 3 et 8 du mois [AN, H4 2978].

1768 (1er août) [Tarifs du bac] : arrêt du Parlement de Paris, portant avis de faire diligence et exécution provisoire de l'ordonnance du 3 juin [AN, H4 2978].

1768 (2 décembre) : submergement du bac [C 909]. PV de visite du bac de L'Etoile, qui a été coulé à fond par le nommé Jolier?, passager [2C 1207, f° 24 v°].

1769 (6 janvier) : délib. des hab. qui nomment un syndic pour les représenter dans leur différent avec le seigneur dans l'affaire du bac ; le 11 janvier, l'intendant autorise les habitants à saisir les Eaux et F. [C 909, CDDP]

1769 (27 janvier) [Bac et chemins d'accès (début)] : sentence contradictoire en la Maîtrise des Eaux et Forêts. Le nouveau bac devra être en état pour le 31 du mois, et la partie des chemins à sa charge réparés pour avril [C 1214/10, f° 2]. Le bac semble effectivement avoir été remis en état car on ne trouve plus de récriminations à ce sujet.

1769 (16 avril) [Tarifs du bac] : rapport concernant une requête du sieur Jourdain de L'Éloge qui demande au roi l'évocation au Conseil d'un appel des habitants de L’Etoile et de la sentence du 8 juin 1768, concernant l'application des tarifs du bac du 22 août 1752 [AN, H4 2978].

1769 (4 mai) [Tarifs du bac (fin)] : l'évocation demandée par le seigneur, concernant la tarification du bac est refusée, la demande devant être portée devant les juges ordinaires. Le 23 mai la requête et les pièces sont retirées du Bureau des Péages [AN, H4 2978]. Il ne semble pas y avoir eu de suite puisqu'en 1775 les habitants de L’Etoile disposaient d'un abonnement global d'un montant de 75 livres [C 1214/10, f° 2].

1769 (22 juillet) [Chemins d'accès] : appel à la Table de marbre de la sentence du 27 janvier 1769. Ce jugement souverain ordonne que dans un mois les réparations de la partie des chemins étant à la charge du seigneur devront être effectuées. Jourdain de L'Éloge n'exécute alors que les réparations sur les chemin d'accès, ce qui porte les habitants à retourner devant cette Table [C 1214/10, f° 2, 2 v°].

1771 (6 septembre) [Chemins d'accès] : requête du sieur Linguet, au nom de Jourdain de L'Éloge [C 1214/10, fo 3]

1771 (31 décembre) [Chemins d'accès] : arrêt du parlement qui ordonne une visite de tous les chemins et un procès-verbal faits par un expert (des Eaux et Forêts de la Somme) [C 1214/10, f° 3].

1772 (9 juin et suiv.) : [Chemins d'accès] Procès verbal de la visite des chemins : il y a eu un ancien chemin, etc. [C 1214/10 , f° 3 v°]

1774 (30 juillet) : [Chemins d'accès] Un arrêt du parlement a jugé que le seigneur ne doit entretenir que les chemins d'accès au bac (et non sur toute la seigneurie, en opposition aux ordonnances, et malgré le procès-verbal) [C 1214/10, f° 1, 7].

1775 (23 septembre) : [Chemins d'accès (fin)] Un mémoire est rédigé par Lesenne, subdélégué de Doullens. Une copie conforme en est adressée au Contrôleur Général, avec mention que des chicaneurs du canton ont fait échouer les négociations [C 1214/10 et 11]. Les habitants n'ont donc pas obtenu que le seigneur répare les chemins, et en particulier celui des marais (actuelle D 216). Ils avaient néanmoins eu la satisfaction d'obtenir un nouveau bac et l'aménagement des accès.

1780 (avant) : On relève une énigmatique « ancienne rue du Bacq », citée en 1780 et touchant à la rue St Martin [3E 26431].

1783: un plan mentionne La rue du Bacq à l'emplacement de l'actuelle Rue du Pont. [Rouleaux ZA 57 et 58]

1790 (22 janvier) : la mention du lieu pont de L'Etoile est utilisée (abusivement ?) dans un cahier d'observations sur la Somme. De part et d'autre des Moulins-Bleus la profondeur de la Somme est de 5 à 8 pieds [1 C 2103/15, p. 2 (et autres mentions dans /26)]

1791 (10 mars) : le directoire du département autorise les habitants de L’Etoile à faire effectuer des réparations (reconstruire ?) au pont, sachant que l'issue d'un procès décidera s'ils paieront seuls les frais ou s'ils seront à partager avec Condé-Folie-Bas [L 87, f° 80-81].

(1791, 17 nov., pour info. Les habitants de Hangest demandent l'autorisation de construire un bac, le pont qui livrait passage aux habitants des villages circonvoisins étant tombé, faute d'entretien [L 120, fo 22]).

12 germinal an III (1er avril 1795) : Pétition pour demander une école à L’Etoile (en plus de celle de Condé-Folie), compte tenu des dangers du passage en bac pour de jeunes enfants [L 1878].

1794-95 : Le pont de L’Etoile est cité dans des rapports sur le chemin de halage de la Somme et, rive droite, trois petits ponts doivent être construits sur des fossés de fermeture. Plan de ponteau sur le ruisseau de Flixecourt (Nièvre) [L 887].

1807 : Un pont est représenté sur le plan géométrique [3P 940]

1835 : La reconstruction du pont reviendra à 4607,92 francs de quote-part pour L’Etoile, le reste étant supporté par Condé-Folie et l'Etat (14 juillet). Des adjudications de tourbages procureront les fonds (affiche du 16 juin, annonce dans L'Abeille Picarde du 24 juin) [99 O 1618/Chemise 4/Mobilier]. Lettre du maire, Jourdain de Prouville, demandant l'autorisation au préfet de vendre le bois de l'ancien pont : la nouvelle construction du pont dit de Létoile, sur Somme, étant entièrement terminée, il reste de la démolition de l'ancien pont, une grande quantité de bois (8 décembre). Le montant de la vente, faite par adjudication, sera réparti entre les communes de L’Etoile et de Condé-Folie qui ont fait construire originairement le pont dont il s'agit à leurs frais (15 décembre) [99 O 1617/Dossier 2].

1878 : Dessin au fusain du pont [Coll. Privée. Photo J. Hérouart]

1883 : Un passeur, à ne pas confondre avec celui de la rue « du Pont », exerça en face de l’usine des Moulins-Bleus, pour faire traverser la Somme aux gens de Condé-Folie qui venaient travailler à l’usine. Dès avant 1883, il avait une maison sur le territoire de Condé-Folie, lieu-dit Au Moulin-Bleu, juste en face de l’usine [Vente Blanchet à la société Saint-frères, p. 1 et 17]. Mon arrière grand père, Joseph Gabriel CARLES, né à Bettencourt-Rivière, décédé en 1974, demeurant à Condé-Folie, fut le dernier passeur des Moulins-Bleus, il cessa son activité en 1940, avec la guerre. Il habita la maison du bac depuis l’année de son mariage à Condé en 1914 (avec Augustine CAILLY, dite Titine) jusqu'en 1961 et peut-être prolongea-t-il donc son activité après la guerre [P. Moinet (27/12/05)].

1884 : Consolidation du pont, 1950 francs [99 O 1620/Voirie].

1890/3 : Reconstruction du pont. Jolis plans couleurs. Affiches [99 O 1620/Voirie].

1891 (6 janvier) : Acceptation du projet de construction d’un pont métallique [J. Hérouart].

1897 (5 juin). Décision de construction de banquette (bord du canal) au niveau du pont métallique [J. Hérouart].

1906 : Carte postale « Vue du Pont-Neuf » (croisillon métallique) [CP 90].

1930 : La carte d'Etat Major mentionne un Bac au niveau de l'usine des Moulins Bleus.

 

Dernière mise à jour de cette page, le 4 novembre 2006.

 

 

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