L'ETOILE ET SON HISTOIRE par Ghislain LANCEL | |||
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Le recensement de 1881 met en évidence un nouveau recul de l'effectif de la population (884 habitants, au lieu de 1092 en 1872) : en 10 ans le nombre d'habitants de la commune de L'Etoile a donc baissé de 208 habitants, dont 106 rien que pour les Moulins-Bleus (124 au lieu de 248) ! Ce recul ne doit rien aux épidémies ; ce sont des familles entières qui repartent comme elles étaient venues : les Boisdard et les Hulin, des contremaîtres et leur famille (7 et 6 personnes), les Legay (charpentier, 7 personnes), les Chivot (reste une personne sur 16 !), les Garbado, les Gellé, les Gence, etc. Des émigrés seuls, femmes, pensionnaires, disparaissent également. A nouveau, les emplois ne sont plus attractifs ; il faudra attendre encore un an pour que la tendance soit enfin durablement inversée.
Signalons néanmoins que, curieusement, un plan du cimetière, daté du 14 août 1881, mentionne une population de 956 habitants !
Si la première page titre « Dénombrement de 1881 » (conformément aux principe des années devant se terminer alors par 1 ou 6), il faudrait pourtant lire 1882. Ce document n'est en effet signé par O. Blanchet, maire, qu'en date du 4 janvier 1882 (dernière page).
Les récapitulatifs de première page sont faux en ce qui concerne les individus (874 !). C'est en dernière page, que l'on relève des chiffres en accord avec le détail du relevé : 884 individus, répartis en 260 maisons et 273 chefs de famille. La répartition détaillée est : L'Etoile (736 habitants, 231 ménages, 221 maisons), les Moulins-Bleus (142, 41, 38) et Moreaucourt (6, 1, 1). Signalons dès maintenant qu'en pages intérieures, le numéro d'individu 873 a été doublé par erreur, et que par conséquent les numéros des 11 derniers recensés ont été corrigés sur ce site en les augmentant de 1).
La présentation des pages intérieures est habituelle, mais elle est réduite à seulement onze colonnes, celles des Rues (2), des numéros des Maisons (3), des Ménages (4) et des Individus (5), puis celles des Noms de famille (y compris le nom marital pour les veuves) (6), des prénoms (7), Age (8), Professions (9), Position dans le ménage (10) et enfin Observations (11). On n'y trouvera donc pas mentionnés les lieux de naissance, ni même l'état civil ou la nationalité !
Chaque page comporte 30 lignes (individus). Les noms des rues sont les mêmes qu'en 1872.
De 1872 à 1881, la direction de l'usine des Moulins-Bleus ne change pas ; depuis 1872, Octave BLANCHET a pris la succession de son père en rachetant l'usine. Et comme son père il a fait construire un cité ouvrière, toutefois plus petite (9 maisons). Par ailleurs, après avoir été Conseiller général, il devient maire de L'Etoile en 1879. Mais on l'a vu, en moins de dix ans, plus de cent personnes étaient reparties des Moulins-Bleus... Quand à Timoléon DUCROTOY, toujours directeur de fabrique Saint-Frères à L'Etoile, il est maintenant âgé de 56 ans. De grands bouleversements se préparent, dans deux ans la Société Saint-Frères rachètera les Moulins-Bleus...
On sait que la vente de l'usine en 1883 incluera deux cités ouvrières, celle des Croupes, de 36 maisons, et celle de l'Ermitage, de 9 maisons (Voir Cités détruites). Mais on a bien du mal à retrouver dans ce recensement autant de maisons, tant aux Moulins-Bleus que rue Noire (Saint-Martin). Il est présumée qu'en ces temps où de nombreuses familles repartaient, plusieurs maisons de ces anciennes cités étaient inoccupées.
Les métiers présentent peu d'originalité ; ils sont présentés dans la liste qui suit par ordre alphabétique : Aubergiste (6), Berger (2), Blanchisseuses (4), Bobineur/se (2), Boucher (3), Cabaretier/cafetier (6), Cantinier (2), Cantonnier (2), Charpentier (4), Charron (4), Chauffeur (1), Cloutier (2), Cocher (1), Concierge (1), Contremaître (7), Coquetier (1), Cordonnier/ère (7), Couseuse de sacs (8), Couturière (7), Cuisinière (2), Cultivateur/trice (69), Curé (1), Débitant/e (3), Dévideuse (2), Directeur de fabrique (1), Domestique (13), Employé (10), Epicier/ère et Md épicier (6 + 2), Etudiant (1), Ferblantier (1), Filature (1), Fileur/se (18), Forgeron (1), Garde-champêtre (1), Instituteur/rice (4, dont une gouvernante), Jardinier (2), Journalier/ère (37), Lessiveuse (1), Linger/ère (3), Maçon (3), Manufacturier (1), Md de charbon (1), Md de porcs (1), Md de vaches (2), Md de peaux (1), Maréchal (3), Mécanicien (3), Médecin (1), Ménager/ère (4), Menuisier (4), Ourdineuse (3), Peigneur (11), Peintre (2), Plieur de toile (1), Propriétaire (6), Rentier/ère (17), Saltimbanque (2), tailleur (3), Tisseur/se (207), Tourbier (7), Tourneur sur fer (1), Trameuse (1), et en complément, Sans profession (349).
Par rapport à 1872, la baisse de la population justifie partiellement les 348 enfants ou adultes « Sans Profession » relevés au lieu des 573 dénombrés précédemment (en y incluant les centaines d'individus sans mention). Mais, il n'y a plus aucun des 3 ajusteurs, on compte seulement 4 charpentiers au lieu de 11, et de même on relève 7 contremaîtres (11), 2 dévideuses (5), 11 peigneurs (25), et 18 fileuses (38). Le manouvrier n'existe plus (27). Par contre on relève 207 tisseurs (dont 52 femmes, au lieu de 157 dont 2 femmes) et 8 couseuses de sacs (1). Le nombre de cultivateurs semble avoir fortement augmenté (69 au lieu de 27), mais c'est principalement par ce que les épouses sont comptabilisées (27 au lieu de 2 femmes !). Ce n'est donc que l'activité textile qui se modifie légèrement, essentiellement par la présence nouvelle d'une cinquantaine de femmes tisseuses.
Il n'est plus spécifié d'enfants en nourrice. Par contre l'hébergement de pensionnaires en famille se poursuit (18 personnes, toutes adultes, sauf deux enfants de 5 ans). On relève encore quelques vieux tourbiers. Des femmes, on l'a vu, commencent à exercer un métier différent de celui de leur époux. Athanase CARON est toujours instituteur demeurant au presbytère (mais Anthime DUPUIS n'est plus mentionné), les deux institutrices sont nouvelles et elle ne semblent plus être des religieuses. Octave BLANCHET, maire et manufacturier, héberge une institutrice privée, Catherine O'CONNOR, gouvernante de sa fille Jeanne, 8 ans.
L'âge moyen est d'un peu plus de 34 ans. On ne relève que 15 personnes ayant 80 ans ou davantage, la doyenne du village étant Constance Leblond, âgée de 91 ans.
Dernière mise à jour de cette page, le 22 mars 2007.