L'ETOILE ET SON HISTOIRE par Ghislain LANCEL

Jean-Baptiste Claude de Calonne de Cocquerel (1748-1763)

 

C'est du mainmise du roi qui achèvera, en 1763, son titre de Seigneur de L'Etoile.

Jean-Baptiste Claude de Calonne de Cocquerel 1748 (13 février)-1763 (11 août)

Jean-Baptiste-Claude de Calonne, baptisé le 26 juin 1707 à Amiens [et non Croissy-sur-Celle (Oise)], paroisse St-Michel (né le même jour), est décédé après 1756 (à Paris ?). Jean-Baptiste-Claude est fils aîné (?) de Claude de Calonne [né vers 1680, d'après ADS, 1B34, f° 202 v°] (voir à la descendance d'Antoine IV Leblond), écuyer, Sieur de Cocquerel, Longuet, Nielles (fief à Cocquerel), Machy (fief à Fontaine), Croissy, Cormont (fief à Fontaine), etc., et de Catherine GORGUETTE [Armes d'argent à la hure de sanglier de sable accompagnée de trois croissants de gueules (France Généalogie, n° 39-40 de 1964, p. 218)], présumée décédée des suites de couches. Lors de son baptême les parrain et marraine avaient été choisis du côté maternel : Mr Nicolas Gorguette, chevalier d'honneur au siège présidial d'Amiens, et dame Marie-Margueritte Lefort, veuve de Mr Vincent Gorguette, aussi membre du bailliage et siège présidial d'Amiens. [5 Mi D 1071, f° 131 r°]. Agé d’un peu plus de 14 ans, le roi lui accordera une lettre de bénéfice d'âge, datée de Paris, le 20 août 1721, laquelle lui autorise la gestion de ses biens, sauf toutefois le droit de vente [B 38 f° 220]. Son parrain deviendra son curateur, jusqu’à ce qu’il soit majeur de 25 ans : émancipé d’âge et procédant sous l’auctorité de Nicolas Gorguette, écuyer seigneur de la Boutillerie, son curateur aux causes [J 2873 (document sans date, certainement 1733 ; placé vers la fin de la liasse)]. On lui connaît aussi un bénéfice d’inventaire pour la succession de son père en 1726, père dont il n’ose se dire héritier, craignant que la succession ne lui soit guère profitable [1 B 39, f° 103]. Jean-Baptiste-Claude demeurait vraisemblablement à Paris, paroisse de Ste Margueritte, lors de son mariage en 1737. Il était alors dit seigneur de Cocquerel, Longuet, Bouchon, Petit-Bosquet et autres lieux. En 1747, absent au baptême de son fils, il est désigné dans l’acte avec tous ses titres, y compris prématurément ceux de L'Etoile… chevalier seigneur de Cocquerel, Longuet, Niel (Nielles, fief à Cocquerel), Bouchon, Petit-Bocquet, LEtoile, Condé-Folie-Bas et autres lieux, chevalier de l’ordre Roïal et militaire de St-Louis, mousquetaire du Roi de la seconde compagnie. Ces titres sont repris de manière identique en mai 1748, lors du décès d’une de ses filles à Cocquerel. Il était aussi dit chevalier de l'Ordre Royal et Militaire de St-Louis, demeurant ordinairement à Croissy (Oise) avant 1748, et héritier de L'Etoile à cette date [AN, mc, LXXIII/750], seigneur de L'Etoile, Condé-Folie [...], porte-étendard de la seconde compagnie des mousquetaires du roi en 1751 [AN, mc LI 972 (14 sept. 1751)], maréchal des Logis de la seconde Compagnie des Mousquetaires de la Garde du Roy en 1756 [G 2246, p. 2, en 1756]. Plus précisément, il est dit « chevalier de l’ordre militaire de Saint-Louis, sous-brigadier dans la seconde compagnie des Mousquetaires Noirs, mary et bail de Dame Marye-Madeleine Langloys de Septenville son épouse, seigneur de Lestoille, Condé-Folye-Bas fiefs en dépendants, Coquerel, Longuet, Bouchon et autres lieux, à cause de sadite terre et seigneurie de Lestoille », en 1760 [AP Hardy, n° 11]. On relève en 1762 (le 14 mars), que de premier brigadier de la seconde compagnie des Mousquetaires du Roy, il est promu Maréchal des logis, à la place rendue vacante par la retraite du titulaire [Vincennes, AR n° 3694, et Yb 129]. Enfin en 1763 (le 12 juin), il est nommé " mestre de camp " [Vincennes, Yb 129]. Sa trace se perd à cette date...

 

Il signe Calonne de Cocquerel en 1736 [Registres de Croissy-sur-Celle (Oise), témoin les 10 décembre 1736 et 7 décembre 1739 (ADO, 1 Mi EC 183)], en 1737 (son mariage), de la même manière en 1748 [AN, mc, LXXIII/750], et encore de même en 1749 où il est plusieurs fois cité comme témoin dans les registres paroissiaux de L'Etoile [RP, 6 sept., 18 nov., etc.].

Mariage

Il épousa, le 27 novembre 1737 à Moyencourt-les-Poix [Voir les 2 rédactions de ce mariage [5 Mi D 409]. L'acte est aussi enregistré dans la série communale de Moyencourt lès Poix (f° 217 v°) [E suppl. p. 554] mais le registre manque en mairie], Marie-Madeleine LANGLOIS, née le 4 mai et baptisée le 6 mai 1710 à Amiens, paroisse St-Rémi [5 Mi D 1079], fille de Pierre I et Marie-Madeleine Dincourt. La fin de la cérémonie du mariage dut être assez houleuse – et le mariage lui-même assez précipité – puisque l’on trouve dans les registres paroissiaux deux actes successifs, le premier, succinct, barré, rédigé autoritairement par un prêtre docteur en théologie de la Sorbonne (Adrien Dincourt, oncle maternel de l’épouse), qui mentionne que l’époux est de la paroisse de Sainte Marguerite de Paris et que les futurs époux ont obtenu la dispense de deux bans, acte que seules quatre premières personnes eurent le temps de signer, et le second acte, cette fois rédigé classiquement, mentionnant que l’époux est de la paroisse St-Léger de Croissy (ce qui est tout aussi faux), où le prêtre du village ajoute qu’il y a eu aussi dispense en faisant les fiançailles ce même jour, et qu’il a permis au prieur de donner la bénédiction nuptiale, second acte signé cette fois par plus de vingt personnes. Les époux recevront la seigneurie de L'Etoile par le partage de 1748. Elle signe M.-Madelaine Langloys ses deux actes de mariage en 1737 [5 Mi D 409], mais Langloys de Calonne, dès janvier 1738 [3 E 24116 (billet annexé)], et elle gardera dès lors sa signature inchangée, ainsi comme témoin en 1749 [RP] et encore le 17 octobre 1751, pour le décès de Marie Suzanne Avenaux, sa fille de chambre (âgée de 40 ans et native d'Amiens).

 

En cette année 1751, elle semble alors assumer seule une grande partie des responsabilités seigneuriales : elle signe elle-même les reçus pour les censives en 1754, 1759, 1760 [AP Hardy, n° 4, n° 12, n° 3], et même les rédige, ainsi en 1758 et 1763 [AP Hardy, n° 2, n° 27], et encore le 22 juillet 1764, peu avant la saisie de la seigneurie [AP Hardy, n° 5]. On la trouve encore, Dame de L'Etoile, en 1762 « Commission de prévôt d'amende donnée par Madame de L'Etoile et habitant dudit lieu » [2C 1203, f° 19 v°]. Le 10 juillet 1763, un mois avant la saisie de la seigneurie, c’est elle encore qui assume la régularisation des comptes avec la fabrique, avec des reliquats de plus de 5 ans : « Compte rendu par Madame Langlois de Calonne, au nom du sieur de Calonne son mari, marguillier à la fabrique dudit L'Etoile, pour 1756, 1757 et 1758, portant reliquat envers laditte fabrique de 477 livres et 7 deniers » [2C 1205, f° 14]. En conclusion, à moins d’être complice de son mari en jouant le rôle de la réparatrice, Marie-Madeleine LANGLOIS semble avoir supporté le poids des dettes inconsidérées de son époux et avoir assumé et agit en femme responsable, Dame de L'Etoile.

 

Postérité

1°) Jean-Baptiste-Claude-Nicolas-Baltazar, dit le Marquis de Lignières, né le 1er décembre 1738, baptisé le lendemain à Amiens, paroisse St-Michel [5 Mi D 140, f° 32 r°], chevalier, mousquetaire de la seconde compagnie, capitaine de cavalerie, est lieutenant des maréchaux de France à Amiens en 1771 (La Gorgue, t. 1, p. 306), chevalier, sgr de Lignières-Châtelain (y demeurant en 1792 [Inv. L, p. 501]), Marlers, Coquerel, Nielle, Longuet, Ambricourt, Meniloye [Meneslies ?] et autres lieux, capitaine de cavalerie et lieutenant des maréchaux de France à Amiens, 2 janvier 1773 [E suppl., p. 465, qui cite f° 333 de Caulières (canton de Poix)], pensionné de 200 livres sur le Trésor Royal depuis juin 1769 [30 ans] jusque au moins le 1er janvier 1779 [Vincennes, TR 9317 (dont déclaration du 29 février 1780)], cité vers 1779/82 [B 632], chevalier de l’ordre royal et militaire de St-Louis en 1789 [AN, ET/XXVII/489 (procuration dans le dossier Le Roy du 27 mars 1789)], idem au 31 octobre 1790 [E suppl., p. 465, qui cite f° 435 de Caulières]. Il épouse, avec contrat de mariage à Ambricourt (Pas-de-Calais) du 18 août 1764 [insinué en 1766 dans B 149] et mariage en date du 23 août 1764 au même lieu, avec ban à L'Etoile, Marie Catherine Théodoredes Essarts, de la paroisse d'Aumale, dame d'Ambricourt, veuve de Nicolas Jules Cahaing (Cahaignes, épousé le 3 février 1758 à Lignières-Châtelain [E Suppl. p. 534-5]), seigneur de Boismorel [B 149 (sans allusion au père de l'époux dont la seigneurie est alors sous la mainmise du roi, parents qui ne semblent pas présents mais ont donné leur accord devant notaires au Chatelet le 19 août, tous les témoins étant d’Ambricourt)]. Elle serait décédée le 1.1.1801 [11 nivôse an IX] à L'Etoile [non] ou Lignères-Châtelin [non] ([Pecquet]) fille de Charles-Amédée et de Catherine Angélique de Belval [E Suppl., p. 543-4], descendante dit-on de Manon (Charlote, décédée en 1651 !), favorite de Henri IV. Elle aurait émigré avec ses parents en Angleterre en 1793, laissant un trésor enfoui à L'Etoile en un endroit qui serait planté d'arbres depuis quelques décennies [Témoignage recueilli en 1990, auprès de M. Pecquet]. On trouve leurs signatures en 1765 et 1766 à Lignières-Châtelain [5 Mi D 715, fo 3 ro de 1765].

La saisie réelle des seigneuries des parents de Nicolas-Baltazar sera à l'origine d'un procès aux effets retentissants auquel L'Etoile aurait été associé si ce village s'était trouvé situé à seulement quelques lieues plus à l'ouest, en Ponthieu. En effet, alors que L'Etoile s'inscrivait dans la coutume d'Amiens, Cocquerel relevait de celle de la sénéchaussée Ponthieu qui en différait par le fait que les enfants n'était pas héritiers à parts égales mais aux 4/5 pour l'aîné des fils. En qualité de fils aîné et d'héritier apparent, le Marquis de Lignières fit donc un procès pour que les 4/5 de la seigneurie de Cocquerel soient soustraits de la saisie. Après appel il obtint satisfaction par l'arrêt en la Grand'Chambre du Parlement de Paris du 9 août 1766. Cette interprétation nouvelle de la coutume provoqua une véritable panique dans les familles fortunées du Ponthieu et de nombreuses procédures tentèrent d'y remédier, aboutissant finalement à la demande de réforme de la coutume de Ponthieu. Magistrats, maïeur et échevins unirent leurs efforts, n'excluant pas l'exagération et l'humour, ainsi des Mémoires traitant du délaissement des filles du Ponthieu à l'hyménée, par absence de dot, synonyme de ruine du Ponthieu... La diversité des coutumes et le XVIIIe siècle spirituel étaient révélés au Ponthieu par les dettes inconsidérées des époux Calonne de Cocquerel [BSAP, t. 32, p. 21 et suiv.].

Selon Belleval (Les fiefs et les seigneuries du Ponthieu et du Vimeu, p. 92) Cocquerel passa au fils aîné en 1766 mais fut néanmoins saisi sur ce fils le 30 novembre 1768 et vendu le 17 novembre 1770 à Marie-Louis-César Roulleau.

 

2°) Marie-Françoise-Magdeleine-Henriette, baptisée le 17 novembre 1743 à Amiens, paroisse St-Michel, née la veille, décédée le 6 mai 1748 à Cocquerel, âgée de 4 ans [RP de Cocqurel]. Ses parrain et marraine avaient été messire Pierre II Langlois de Septenville et dame Marie-Françoise de Sachy, veuve de Jean-François Dincourt ; et c’est Adrien Dincourt, docteur en Sorbonne, prieur de St-Albin, grand-oncle de l’enfant, qui l’avait baptisé, le père étant absent [Arch. mun. E2(264)].

3°) Marie-Adrien-Charles-François-Flour, baptisé le 13 septembre 1747 à Amiens, paroisse St-Michel, né la veille [Arch. mun. E2(265)]. Il fut parrain à L'Etoile en 1754, âgé de seulement 8 ans, mais est présumé décédé jeune.

4°) Louis-Thomas, comte de Calonne, né le 14 septembre 1748, baptisé le lendemain à Amiens (St-Michel) [5 Mi D 140, f° 17 r°], décédé le 4 mars 1838 à Lignières-Châtelain (Somme), âgé de 90 ans, lieutenant-colonel, célibataire [5 Mi D 716]. – Il fut parrain à L'Etoile en 1756 (âgé de 8 ans), et en 1764 (représenté par le domestique).

5 et 6 ?) Il n’y a pas d’autres naissances ou décès relevés dans la table de St-Michel, entre 1738 et 1753. Pourtant on cite Louis-Michel, chevalier de Calonne, présent ainsi que J.B.C.N.B., "ses petits-fils", lors de l'inhumation de leur grand-mère, Marie-Madeleine Daincourt, en 1762 [E suppl. qui cite f° 638]. Et Charles-Ferdinand, parrain en 1757, semble fils du seigneur [E suppl., p. 388 (L'Etoile).] Une « Marie-Madeleine-Victoire-Henriette », est marraine à L'Etoile en 1756 [E Suppl.] et, plus curieusement encore au 15 juin 1764 (et pour la fille d’un manouvrier !) [GG8, f° 451].

 

 

Vie et oeuvre

1721 : Lettre de bénéfice d'âge à 14 ans et quelques mois (voir ci-dessus) [1B38 f°220].

1733 (ou 1723) : en attendant qu’il ait atteint les 25 ans de l’âge de la majorité, ainsi que son frère Louis-Thomas émancipé le 13 mars de cette année là (non précisée), son curateur essaie de lui faire obtenir, en attendant le partage définitif des biens provenants de la succession du sieur baron de L ’Etoile [Antoine V Leblond, frère de Françoise, sa grand-mère], 640 livres comme aîné à Bouchon, et 329 livres pour Croissy [1 J 2873 (vers la fin de la liasse)]. En 1748 il aura effectivement acquis la seigneurie de Bouchon.

Entre 1727 et 1739 : début de ses services dans les Compagnies du Roy (Vincennes, Yb 129)

1737 : mariage.

1738 : constitution d'une rente au principal de 24 000 livres, faite par J.-Bte Claude de Calonne et son épouse, demeurant à Amiens, au profit du Sieur de Varennes et de ses trois sœurs, rente attestée par un simple billet. Il semble bien que ce soit sa marraine Marie-Marguerite Lefort, alors veuve (en secondes noces ?) de Jean-Baptiste Lecaron, seigneur de Varennes, qui déposera ce billet chez Me Turbert le 4 novembre 1756, entamant ainsi le début des procédure qui se terminèrent par la saisie de la seigneurie de L'Etoile [3E 24116 (4 novembre 1756)].

1747 (septembre) : on le dit déjà seigneur de L'Etoile ! [naissance de son fils]

1747 (23 décembre) : saisine donnée au Chapitre de N.-D. d'Amiens, du droit de champart sur 120 journaux de terre, sis à Croissy, etc., et qu'il a acquis de Jean-Baptiste de Calonne, seigneur de Cocquerel, et de Marie-Madeleine Langlois de Septenville, son épouse, moyennant la somme de 38 900 livres [B 805 – G 1855-6]. Cette somme est certainement destinée à alimenter la contrepartie de 75 000 l revenant à Honoré Langlois dans le partage qui suivra.

1748 (13 février) : par acte de partage et succession de Pierre I Langlois, les époux Calonne reçoivent les terre et seigneurie de L'Etoile, Condé-Folie-Bas, ses circonstances et dépendances. "Plus à la charge d'un renvoy tant en argent qu'en avoine dû à Messieurs les Doyen, chanoines et chapitre de l'Église Cathédrale d'Amiens ; et encore des fonda(ti)ons faites par les anciens seigneurs de l'Etoile, conformément au contract de vente qui a été fait de lad. terre aud. feu S gr de Septenville". Toutefois les meubles, vaisselle, bijoux, chevaux, etc. se trouvant au château de L'Etoile revinrent à Pierre II et ils devront encore verser 52 000 livres à Honoré dans l'année, et un solde de 23 000 livres au décès de M.-Mad. d'Incourt [AN, mc, LXXIII/750]

1748 (18 juillet) : relief par J.-B. Claude de Calonne, mari et bail de Marie Langloy, pour les trois fiefs de L'Etoile, Condé-Folie-Bas et Fontaine-Thuraude, circonstances et dépendances, suite au partage (25 H 2, f° 373/4).

1749 à 1757 : nombreuses mentions et signatures De Calonne et Langloys, souvent parrain ou marraine, dans les registres paroissiaux de L'Etoile [E suppl., p. 388]

1749 (25 février) : le seigneur et sa dame sont présents au château. Celui-ci doit placer, conjointement avec le Sieur Pingré de Fricamps, une planche sur le fossé du Moulin-Bleu, pour le passage des haleurs(C 1198/6).

1749 "Calonne (de), Jean-Baptiste-Claude, seigneur de Cocquerel, LEtoile et autres lieux, époux de Marie Madeleine de Langloys, 1749, 6 sept. (f° 388)" (E suppl.).

1750 : allongement du chœur de l’église de 22 pieds.

1751 : nommé Capitaine (Vincennes, Yb 129).

1752 (22 août) : « Arrest du Conseil d'Etat du Roi », qui permet au sieur [Calonne de] Coquerel de continuer de tenir un bac sur la rivière de Somme, au lieu de l'Etoile [DA 785]

1755 : Mr de Cocquerel est réprimandé pour des plantations et mauvais entretient en bordure de Somme (C 1973, pièce 6).

1756 (13 juillet) Arrêt du conseil obtenu par la communauté des maîtres gribanniers d'Abbeville, qui permet à M. de Calonne de Coquerel, alors sous-brigadier des mousquetaires de la garde ordinaire du roi, d'ouvrir un nouveau canal sur la rivière de Somme, en face du château de Cocquerel, pour supprimer un coude ralentissant les gribaniers. Fait à Compiègne [C 1970, f° 146 v°]. Un moulin à eau y était nouvellement construit sur l'ancien lit de la Somme, en 1765 [G 2246, p. 8]

1756-7 : il semble que le Sieur de Calonne commence à ne plus payer ses créanciers. Ainsi le 4 novembre 1756 il est éprouvé le besoin de faire contrôler un acte passé sous seing privé en 1738 (portant 1200 livres de rentes annuelles), et de le déposer le même jour chez un notaire. Des sentences d'hypothèques sont obtenues le 31 mars 1757 [G 2246, 1 re page.] Voir en 1738.

1757-62 : la redevance foncière (devenue 209 setiers et 6 livres), due par le seigneur pour le Fief du Chapitre, ne fut payée par le Sieur de Calonne que jusqu'en 1756 [G 2244/2, f° 5 v°]. Pour les années suivantes, des requêtes du chapitre et des sentences du bailliage permirent au chapitre d'être payé (par priorité sur les autres créanciers) pour les années 1760-1762, et ce, par l'intermédiaire d'un sequestre à qui devaient être versés les fermages saisis sur le moulin et le bac [G 2244 et 2245]. Par contre en 1962 le chapitre n'avait pas encore réussi à récupérer les redevances sur les trois années 1757 à 1759 [G 2245/4]. La saisie réelle eut lieu le 11 août 1763.

1758 (28 octobre) « Survint ensuite un trouble d’une nouvelle espèce. Le sieur de Calonne, à l’appétit d’une commune remplie de tourbes qu’il convoitoit, forma une demande en triage au siège de la Table de Marbre. Il y succombe avec dépens, par un jugement au Souverain du 28 octobre 1758 » [CP_PM_1, p. 8] « ... réquisitoire de son procureur fiscal à son bailli ; l’exposé seul en démontre l’odieux ; il est bien digne d’un Fiscal de seigneurie vendu à son seigneur. Il y demande au bailli des défenses aux habitans de continuer à faire pâturer leurs bestiaux, à peine de 75 sous d’amende » [CP_PM_1, p. 9]. -- 1758/59 Vexation du sieur de Calonne qui imagine de ne pas recevoir le payement de la taxe afin d’acquérir le marais entier ! « ... réquisitoire de son procureur fiscal à son bailli ; l’exposé seul en démontre l’odieux ; il est bien digne d’un Fiscal de seigneurie vendu à son seigneur. Il y demande au bailli des défenses aux habitans de continuer à faire pâturer leurs bestiaux, à peine de 75 sous d’amende... Aussi, les bestiaux continuant d’aller à la pâture, le seigneur & ses officiers de justice s’enflamment, & les exploits volent de toutes parts : vingt-trois assignations pardevant le bailli, à la requête du procureur fiscal ; vingt-trois sentences par défaut le 24 octobre 1759, signifiées sur-le-champ, avec condamnations en 75 sols d’amende & aux dommages & intérêts, au dire d’experts ; [p. 10] vingt-trois procès-verbaux de nominations d’experts avec toutes les procédures & les exploits accessoires ; appel des habitans en nom collectif au bailliage d'Amiens ; ordonnance sur requête, qui reçoit l’appel, permet d’intimer le seigneur & cependant défenses d’exécuter l’ordonnance du bailli de l'Etoile. Le 9 décembre suivant, sentence par défaut qui infirme & maintient les habitans dans leurs communes. » [CP_PM_1, p. 9 et 10].

 

1758 (du 30 octobre au 9 décembre) : vente par les Calonne de plus de 35 journaux de terre, devant Brunel, notaire tabellion de la châtellenie de L'Etoile [G 2246, p. 11 et 12]. Il semble que ces ventes aient eu pour raison de pouvoir rembourser la rente annuelle Le Caron de 1200 livres à l'échéance du 17 janvier 1759. Pourtant :

1759 (17 janvier) : 1ère échéance de rente impayée (la 7e étant en 1765) [G 2246, p. 4]

1760 (juin) : Enregistrement de l'Arrêt du Conseil de 1752 pour le bac [1 C 1985]

1761 (18 février) : sentence concernant, dame Marguerite Lefort, veuve Le Caron de Varenne, créancière [G 2245/1.]

1761 (17 juin) : sentence en faveur de dame Marie-Madeleine Dincourt, belle-mère du seigneur, qui réclame 4336 livres 12 sols d'arrérages en pension et douaire [G 2245/1.]

1761 (26, 30 octobre, 2 décembre) : actes du greffe du bailliage qui déguerpissent les biens vendus en 1758 [G 2246, p. 12]

1762 (20 mai) : De Calonne nomme un nouveau bailli pour ses seigneuries de Cocquerel, Longuet, etc., par suite du décès du prédécesseur [B 630].

1763 (20 mai) : ordonnance du bailli de Picquigny qui prononce une saisie féodale exercée par le duc de Chaulnes sur le Fief des Marais [DA 785, Précis... p. 3].

1763 (9 juin) jusqu’en 1767. Suite des tentatives de s’approprier les Marais de L'Etoile « Pour lors, le sieur de Calonne, n’osant suivre son entreprise mal ourdie, prend le parti d’user d’un stratagème fort singulier & sans exemple. Ni lui, ni son prédécesseur, n’avoient fait leur relief du fief des Marais à Picquigny. Il va trouver les officiers de justice & il les engage à saisir féodalement, comptant vexer par là plus efficacement les habitans. Sur-le-champ, saisie féodale complaisante, avec établissement de commissaire, & sous prétexte de trouble à ce commissaire fourni par le sieur de Calonne, ordonnance du bailli de Picquigny portant défenses de faire pâturer les bestiaux, & permission au commissaire de prendre huissiers, recors et cavaliers de ma[ré]chaussée pour saisir les bestiaux & les enlever. C’étoit une vexation outrée, irrégulière, nulle & crante. Le dominant & le vassal se flattoient par là de partager entre-eux les tourbes du Marais... Pour soustraire leurs bestiaux aux percutions des suppôts de Justice, les habitans furent conseillés de sommer le sieur de Calonne de servir son relief, sinon qu’ils le serviroient par un syndic, ce qui fut fait après un délai de trois jours, aux offres de payer le cens au commissaire. Le 9 juin 1763, défense du Siège d’Amiens d’exécuter l’ordonnance du bailli de Picquigny. Inaction pendant six mois, après lesquels, arrêt sur requête qui reçoit le Vidame d’Amiens appelant et fait défenses d’exécuter l’ordonnance du juge d'Amiens ; puis, autre arrêt qui, sur la main-levée requise par les habitans, joints au fond. C’est dans la production du Vidame au procès que l’on vit paroître la Charte de commune de l'Etoile de l’an 1306. Il n’est pas difficile de deviner que cette charte lui avoit été remise par le sieur de Calonne. Mais en quel état ! ...» [CP_PM_1, p. 10 et 11]. « Aussi-les habitans de l'Etoile & de Condé-Folie-bas ont ils été confirmés pleinement dans les 200 journaux de leur Marais de l'Etoile, par arrêt du 7 Août 1767, & le Vidame de Picquigny a été condamné en tous les dépens. » [CP_PM_1, p. 13].

 

1763 (10 juillet) : « Compte rendu par Madame Langlois de Calonne, au nom du sieur de Calonne son mari, marguillier à la fabrique dudit L'Etoile, pour 1756, 1757 et 1758, portant reliquat envers laditte fabrique de 477 livres et 7 deniers » [2C 1205, f° 14].

1763 (5, 6 et 8 août) : commandements au domicile des Calonne [G 2246, p. 2]

1763 (11 et 13 août) : exploits de saisies (enregistrés le 17) des seigneuries et terres de L'Etoile et fiefs en dépendant, d'une part, Bouchon et Longuet d'autre part. Le couple demeure au château de L'Etoile [B 206]. Suivent les saisies sur Bouchon, Cocquerel et Fontaine.

1764 (1er mai) : autre exploit de saisie réelle (registré à Abbeville et à Paris) sur L'Etoile et fiefs, et pièces en roture [G 2246, p. 3 et 10]

1764 (29 mai) : acte de foi & hommage, fait par leurs syndics des habitants de L'Etoile et Condé-Folie-Bas, pour le fief des Marais [DA 785]

1764 (juin, septembre, octobre et novembre) et 1765 (mai) « MademoiselleMarie-Madeleine-Victoire-Henriette de Calonne » [âgée de 20 ans, deuxième des enfants du seigneur], est marraine de Joséphine, fille de Joseph Doigny, dit manouvrier (mais en réalité domestique chez le seigneur), le vicaire étant le parrain [GG8, f° 451 (15 juin)]. Plus significatif est un baptême d’une fille Quignon, à la mi-septembre, où deux des enfants du seigneur son parrain et marraine, toutefois représentés par les domestique et servante, le père étant toujours considéré comme seigneur du lieu et le personnel toujours en activité : « son parrein Mr Louis Thommas de Calonne, fils de Mr de Calonne, seigneur du lieu et autres, représenté par Joseph Doigny, domestique chez ledit seigneur, qui a signé ; sa marreine, Dlle Marie Magdelene Henriete Victoire de Calonne, sœur du parrein, représentée par Marie Catherine Vasseur, servante chez ledit Calonne » [GG 8, f° 452 (naissance du 17 septembre)]. Lors du mariage Flandre/Debrecque, l’on apprend que la contractante est « Femme de chambre de m(a)d(am)e de Calonne depuis onze ans » (âgée de 27 ans et fille de feu son père, vivant postillon) [GG8, f° 452 v° (3 octobre)]. Nicolas Gamain est parrain, jardinier (présumé du seigneur) et Marie Anne Daullé est marraine de Marie Anne Beaussart, « fille de chambre chez Madame Calonne » [GG8, f° 453 v° (23 novembre)]. Marianne Gense, « cuisinière chez Madame de Calonne » [GG8, f° 456 v° (marraine de Tellier, le 12 mai 1765)]

1764 (22 juillet). Marie-Madeleine LANGLOIS, rédige elle-même et signe (comme toujours Langloys de Calonne) probablement l’un de ses derniers reçus pour censives [AP Hardy, n° 5].

1764 (16 juillet) : exploit de dénonciation de la saisie réelle (sur les biens déguerpis) fait au sieur St-Jullien le 8 juin 1765 [G 2246, p. 3 et 11]

1764 (23 août) : Mariage du fils avec Des Essarts, est encore seigneur de L’Etoile et « demeurant ordinairement à son château de L’Etoile ». Les parents ne sont pas présents, du moins ne signent pas. Madeleine Langlois, autorisée de son mari, a donné son consentement devant deux notaires du Châtelet à Paris, le 19 août.

1764 (3 décembre) : arrêt du Parlement (signifié le 15) qui fait main levée des défenses faites par les Calonne, mais avec sursis de 3 mois après la signification (donc jusqu'au 15 mars) [G 2246, p. 1]

1765 (17 janvier) : échéance de la 7e année d'arrérage que les Calonne, et le curateur, refusent de payer [G 2246, p. 4]

1765 (1er août) : commandements fait aux Calonne, contenant procès-verbal de perquisition, et faute de paiement, indication de criées de tous les biens saisis réellement [G 2246, p. 4]

1765 (18 août, 1, 15 et 29 septembre) : criées devant les églises de L'Etoile, Condé-Folie et Bouchon (ainsi qu'au bailliage et à Paris à dates décalées), pour les terres et seigneuries de L'Etoile et fiefs en dépendants, avec mise à prix [G 2246, p. 4 et 5]. (13 octobre) : 5e criée devant les églises (au bailliage, à Paris et à Abbeville, les 16 et 17 octobre), portant sur l'ensemble des biens saisis [G 2246, p. 5], toutes ces criées afin que soient vendus et adjugés conjointement ou séparément par décret, les biens nommés en audience du Palais, au plus offrant [G 2246, p. 6]. Cette affiche concerne aussi les autres biens (Cocquerel, Fontaines).

1766 (17 septembre) : sentence du Palais à Paris, qui adjuge à Jourdain de L'Eloge les terres et seigneuries de L'Etoile et Bouchon [AN, ZZ 3 182, acte du 15 octobre 1766]. Cocquerel, relevant du Ponthieu, connut un autre sort (voir au fils aîné).

Du 1er avril 1767 au 11 avril 1768 les créanciers sont indemnisés, mais le montant total de l'adjudication, qui s'élevait à 190.100 livres, ne suffit pas ! [AN, ZZ 3 182].

1767 : il ne semble pas avoir été déchu de sa qualité de mousquetaire puisque rien ne l'indique dans les archives [Corresp. de Vincennes, nov. 1995]

 

On ne sait pas ce que deviennent les Sieur et dame de Calonne...

 

 

Histoire

Orage de la St-Jean 1748 (corvées ; fossé de l'Argonne ; glacis de Moreaucourt) [Flix. FF 14/3 – C 1198/3].

 

 

Publication Ghislain Lancel.

Première publication, le 23 novembre 2015.

 

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