L'ETOILE ET SON HISTOIRE par Ghislain LANCEL
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Saint-Frères, La Prévoyance

En 1894, les habitants du bas de la rue des Moulins-Bleus se trouvaient à deux kilomètres des commerçants du village. Saint-Frères entreprend alors de leurs construire un magasin de vente, dit "Economat", lequel sera fonctionnel en 1896. Il semble qu'en 1902 les statuts se modifient pour ceux d'une coopérative, et en 1910, face à l'impopularité des économats, la société Saint-Frères passe à un programme de construction de coopératives pour chacune de ses usines, avec de nouveaux statuts, au nom de LA PREVOYANCE, à l'image de L'Etoile. Selon la direction, " Le personnel y trouvera toutes les marchandises nécessaires pour la vie de tous les jours ". Mais ainsi les salaires seront pratiquement réinjectés dans la caisse Saint-Frères, par l'achat des diverses victuailles d'épicerie, de boulangerie et de boucherie-charcuterie, et par les autres produits de nécessité, comme le charbon, la lingerie ou les outillages divers.

La Prévoyance de L'Etoile, aujourd'hui rasée (depuis 1985 ?), avait évidemment été construite rue des Moulins-Bleus, côté Flixecourt, entre l'usine et l'école (face au n° 31).

Quelques documents fournissent des chiffres et des compléments, pour l'ensemble des coopératives de la société (vers 1945) : C'est en 1910 que fut créé La prévoyance, société anonyme coopérative à capital variable. A l'origine, chaque Prévoyance était rattachée à une usine, jouissait de son autonomie et fonctionnait comme une maison de commerce indépendante. Mais en 1930 les statuts furent modifiés et l'administration unifiée eut son siège social à Flixecourt. Les magasins de vente devenaient des succursales. On en comptait alors huit. Pour être actionnaire, il fallait posséder au minimum une action de 100 frs, laquelle rapportait 4 % d'intérêts. En fin d'exercice, l'actionnaire touchait aussi une ristourne sur ses achats qui a été régulièrement de 12 % depuis 1930. Il avait ainsi été distribué 1 613 869 Frs en 1943. La Prévoyance était gérée par un Conseil d'Administration de 12 membres composé de 6 représentants des employeurs (directeurs d'usine et chefs de service) et 6 représentants du personnel (agents de maîtrise, ouvriers ou employés). A la tête se trouvait un président-directeur-général. Malgré le rationnement et les difficultés d'approvisionnement, le chiffre d'affaire de la Prévoyance suivait un développement sans cesse grandissant. En 1943, le montant des ventes s'élevait à 21 993 459 Frs, et la valeur de son stock au 31 décembre était de 3 162 120 Frs. Une part des bénéfices était réservée aux œuvres. Ainsi, en 1943, elle avait constitué une provision de 213 500 Frs pour l'attribution d'une prime d'accueil aux prisonniers rentrants appartenant à des familles qui étaient actionnaires au 1er  juin 1940.

 

Carte-photo du personnel de La Prévoyance de L'Etoile (vers 1946 ?) De gauche à droite, au premier rang, on reconnaît : Germain DARRAS, le gérant ; Sylvain BOURNOUVILLE, le charretier (livreur, de sacs de charbon, etc.) ; Guy LEGRAND, le vendeur boucher ; Yvette LORGE, 1ère vendeuse (née à L'Etoile, mais demeurant à Flixecourt) ; Martine FOURNIER, 2vendeuse ; Charlotte MENTION (MANSION), 3vendeuse ; Lucien PLUQUET, le boulanger ; Fernand DADIER, le tueur, débiteur et préparateur boucher-charcutier.

Au second rang (derrière) : Oscar DADIER, homme à toutes mains ; Marcelle DARRAS, née Pruvot, épouse du gérant, 4e vendeuse ; Alice PRUVOT, belle-mère du gérant, 5e vendeuse.

 

Rappelons par ailleurs que l'ensemble du personnel de la Prévoyance avait été filmé (vers 1936) à la sortie de la coopérative [Voir le DVD L'Etoile Autrefois].

Remerciements à Nicole Bournouville (carte-photo), MMme Jacky Hérouart (dossier et identification d'une partie des noms), Charline Chamu et Régine Pecquet (recherche et identification des autres personnes).

Dernière mise à jour de cette page, le 21 mars 2007.

 
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