L'ETOILE ET SON HISTOIRE par Ghislain LANCEL |
La chemise L’Etoile comprend trois documents de l'année 1795, concernant la scolarisation en école primaire.
Aux citoyens administrateurs du district d'Amiens.
Citoyens administrateurs,
Nous venons de recevoir la pétition ci-jointe de la commune de L’Etoile. Si l'intention de l'administration, en nous l'adressant, a été comme nous le présumons de nous demander notre avis sur son contenu, nous devons vous avouer que la réclamation de la commune de L’Etoile nous paroit assez fondée pour que l'administration tâche de remplir le vœu des habitans. Il n'est pas douteux que le passage fréquent d'un bac est nécessairement dangereux pour une foule de jeunes enfans, et que les abords en sont toujours difficiles pour les gens de pied et souvent même impraticables dans l'hiver et dans les tems pluvieux.
La commune de L’Etoile et celle de Bouchon réunies ont à elles deux 1 046 individus, et celles de Condé-Folie et Bettencourt-Rivière, 1 199. Ainsi ces 4 communes, d'après le texte de la loi du 27 brumaire devroient avoir deux écoles. Il est vrai que les instructions particulières de la circulaire du 25 nivôse de la commission exécutive de l'instruction publique ont prescrit une réduction considérable dans les dispositions générales de la loi et dans le nombre des écoles à établir. Il est encore vrai qu'un très grand nombre d'autres communes exprimeront de même leur regret de se voir privées d'une école [f° 1 v°] dans leur sein à cause de leur éloignement du lieu d'établissement de l'école primaire, et que s'il étoit possible de consulter les désirs et même les besoins et les commodités nécessaires de toutes les communes il faudroit presque doubler le nombre des écoles primaires. Nous devons ajouter que la multiplication des écoles rendra le choix des instituteurs plus difficile, et même absolument impossible pour les institutrices, qu'on ne peut rencontrer presque nulle part à la campagne, mais enfin s'il n'est pas possible de satisfaire aux désirs et aux besoins de toutes les communes, il nous paroit nécessaire cependant de faire quelqu'exception en faveur des communes où le local rendroit le déplacement des enfans trop difficile et même dangereux. Et d'après cette dernière considération nous croyons que l'administration peut se permettre de s'écarter des instructions du 25 nivôse et se rapprocher du texte de la loi du 27 brumaire, en accordant une école pour Condé et Bettencourt, et une seconde pour L’Etoile et Bouchon. L'expédient proposé par la commune de L’Etoile d'établir ces deux écoles en partageant le traitement et les honoraires entre les deux maîtres et maîtresses pourroit être admissible et présenter nombre d'avantages en rentrant dans le plan et dans les modifications dont nous avions nous même présenté à [f° 2 r°] l'administration l'apperçu et les observations dans notre lettre du 25 nivôse mais nous ne croyons pas qu'il soit encore libre à l'administration d'adopter des dispositions qui ne sont nullement renfermées dans le système d'éducation publique développé dans la loi du 27 brumaire.
Salut et fraternité
Les membres du jury d'instruction publique.
Amiens, le 12 germinal an 3e de la République Françoise [1er avril 1795].
[Signé] Poujol ; Gensse Duminy ; Jourdain-Thieulloy.
N° 8. Extrait des registres de la commune de L'Étoille.
Ce jourd'hui dix sept floréal, 3e année républicaine [6 mai 1795] : Vu la nomination fait par les juries d'instruction, ensemble celle des administrateurs du directoire du district d'Amiens en datte du treize et seize floréal, présent mois, de la nomination du citoyen Pierre Carpentier à la place d'instituteur pour cette commune et celle de Bouchon.
En conséquence l'avons reçu et instalé conformément à la loi du 27 brumaire et l'arretté du directoire du district d'Amiens en datte du 24 germinal de l'an 3me, par nous maire et officiers municipaux, et le conseil général de la commune de L'Étoille, et avons signés.
[Signé] Pegard ; Baussart, of. ; Coursant, offer ; Leclerc ; Fricot ; Martin ; Cuqu ; Calmon ; Bordeux, off. ; Baugez ; Groue ; Ducrotoy, agt ; Besnard, maire.
Délivré mandat de 146l 13s 4. Sept messidor [25 juin 1795].
N° 145. Nous, maire et officier municipaux de la commune de L'Étoille, certiffions que le c(itoye)n Pierre Carpentier, instituteur de notre comm(une), n'a jamais sessé d'être en activité depuis son installation.
Délivré en notre Maison commune, le vingt-neuf brumaire 4me année Républicaine [20 novembre 1795].
[Signé] Baussart, of. ; [Pierre-Antoine] Lancel, offer.
Moi, agent municipal de la commune de L'Étoille, certiffie que ledit Carpentier a été en activité ; pour quoi je lui aie délivré le même jour que dessus le présent, pour lui servir et valoir au besooin.
[Signé] Ducrotoy.