L'ETOILE ET SON HISTOIRE par Ghislain LANCEL

Paul Lejeune et Berthe Crognier

Instituteurs aux Moulins-Bleus (1909-1921)


De g. à d. : Max Lejeune, Paul Fréville,
 Berthe Crognier, Paul Lejeune, Michel Lejeune 
(Vers 1919. Collection D. Lejeune)

Paul Lejeune et Berthe Crognier, son épouse, furent instituteurs durant douze d'années aux Moulins-Bleus (1909/1921), période difficile incluant la Première Guerre mondiale. Dès le début des hostilités, Paul avait été mobilisé puis sérieusement blessé (deux plaies à la jambe gauche par éclats d'obus, le 12 novembre 1914). Durant son absence, c'est donc Berthe qui assuma les cours aux garçons de son époux, provisoirement rassemblés avec ses filles, dans une classe ayant fréquemment plus de 50 enfants présents... De retour, Paul avait repris son métier d'instituteur avec encore plus de conviction.

Le couple avait eu deux fils, Michel, qui finira sa scolarité à L'Etoile premier du canton avec mention Très Bien au certificat d'étude (passé le 16 juin 1919), futur instituteur, et Max Lejeune dont la carrière politique est bien connue (Maire d'Abbeville, député, ministre, sénateur, etc.) En 1920 les époux demandèrent leur mutation pour se rapprocher d'Amiens, afin que leurs fils puissent poursuivre plus aisément leurs études à Amiens. Mais c'est à St-Léger-les-Domart qu'ils furent mutés !

On trouvera ci-dessous quelques passages extraits des cahiers personnels où le couple recopiaient certaines lettres et les discours qu'ils avaient préparés, ainsi que d'autres documents ou lettres personnelles.

Vœux d'une élève (1er janvier 1912)

Vœux de Marcelle Aubert (10 ans, demeurant chez Angéline Caux, sa grand-mère débitante aux Moulins-Bleus), adressés le 1er janvier 1912 à son institutrice, Berthe Lejeune. L'encre a pâli, mais le texte fait rêver...

« Chère Maîtresse,

En ce premier jour de l’An, nous regardons comme un devoir sacré, celui de vous offrir l’hommage de notre amour et de notre reconnaissance : Les bonnes leçons que vous nous donnez, les soins vigilants dont vous nous entourez, la patience avec laquelle vous accomplissez votre si difficile mission, enfin l’extrême bonté dont vous nous faites preuve à chaque instant pour nous rendre l’étude plus facile et plus attrayante, nous inspire tant de gratitude que malgré nous, nous restons au-dessous de la tâche que nous avons à remplir envers vous. Mais loin de nous décourager nous nous plaçons avec calme sous l’abri de votre indulgence persuadées qu’une simple parole sortie de notre cœur, vous sera une caution suffisante des sentiments que vous nous inspirez.

Si, au cours de cette année vous avez eu sujet de vous plaindre quelquefois de notre application à l’étude ou de notre conduite, croyez que c’est [sic !] manquements sont dus à notre légèreté et non à l’ingratitude.

Nous vous promettons à l’avenir de nous appliquer d’avantage, pour que nos succès futurs, soient la digne récompense de vos constants efforts.

Veuillez agréer, Chère Maîtresse comme bien sincères, les souhaits que nous formons, pour que le ciel bénisse tous vos efforts et vous accorde, dans une existence longue et heureuse, la récompense que méritent vos bons soins et l’affectueuse bonté que vous avez pour nous tous.

Votre petite élève affectueuse. Marcelle Aubert.

Les moulins bleus, le 1er janvier 1912. »

Classe enfantine des Moulins-Bleus (Sept. 1913)

Discours de remerciement lu par un élève à l'intention M. Saint, pour son financement de la Classe enfantine des Moulins-Bleus (Septembre 1913).

« Monsieur Saint,

Permettez-moi de me faire l’interprète de mes camarades et de mes compagnes pour vous exprimer toute la gratitude à laquelle vous donne droit votre grande générosité.

Nous ne saurions oublier que nous vous devons cette vaste cour où, sans courir de dangers nous prenons nos ébats avec l’insouciance inhérente à notre jeune âge. Un superbe préau nous offre un abri sûr contre les intempéries des saisons. Les classes elles-mêmes ont leur attrait ; bien aérées et laissant pénétrer à flots la lumière, chacune d’elles constitue un local gai et confortable où, semble-t-il l’étude paraît plus facile et les heures de travail plus courtes. Volontiers nous y venons chaque jour chercher le pain de l’esprit, l’instruction qui fera de nous des femmes fortes et éclairées pour l’Avenir. Grâce à vous, nous conserverons de notre séjour à l’école, un bien doux souvenir auquel sera mêlé celui de vos bienfaits.

Soyez assuré, Monsieur, que la section des Moulins-Bleus est à la fois très honorée et très touchée de l’intérêt que vous portez à sa jeunesse et qu’elle vous a voué depuis longtemps une vive reconnaissance. Votre nom déjà si populaire parmi ses habitants se propagera de plus en plus, comme le synonyme de libéralité et de désintéressement.

Quant à nous, écoliers et écolières, nous pensons qu’un seul moyen peut nous rendre dignes de votre sollicitude ; c’est d’arriver par une fréquentation régulière et un travail sérieux aux succès qui conserveront une bonne renommée à l’école que vous avez daigné placer sous votre protection.

Veuillez, Monsieur, agréer ces fleurs comme un bien faible témoignage de notre respectueux attachement et permettez-nous de dire dans un sincère élan du cœur :

Vive Monsieur Saint ! »

Paroles sur les tombes d’Angèle, et de Florestine (1913)

Paroles prononcées par une élève sur la tombe d’une compagne.

Chère Angèle,

Avant de laisser se refermer cette tombe si prématurément ouverte, je viens t’adresser, au nom de tes compagnes un sincère et suprême adieu.

Depuis trois ans tu partageais avec nous les mêmes leçons, les mêmes jeux et tu avais su gagner notre affection car tu possédais la douceur et la bonté qui captivent les cœurs.

En octobre dernier, alors que joyeuses, nous retournions à l’école, tu ne vins pas t’asseoir à ta place habituelle. Nous apprîmes avec tristesse que tu étais gravement malade. Nous espérions cependant que ta jeunesse et les soins dévoués de ta tendre mère triompheraient de la maladie. Hélas ! non ; la mort implacable te guettait et te fauchait, pauvre fleur à peine éclose, te ravissant ainsi après quatre mois de cruelles souffrances à la vive affection de ta famille. La douleur de tes parents est très grande ! Ne perdent-ils pas en toi une enfant chérie, aimante et respectueuse qui promettait de leur donner dans l’avenir beaucoup de satisfactions ?

Nous-mêmes, ici réunies, pleurons en toi la plus douce, la plus sensible des compagnes !

Aujourd’hui, la nombreuse assistance qui a voulu t’accompagner jusqu’à ta dernière demeure n’a qu’un seul et unanime regret : ta disparition prématurée de ce monde où, comme tant d’autres, tu croyais avoir ta part de bonheur !

Puissent nos marques de sympathie atténuer la douleur de ta famille éplorée et t’accompagner dans la tombe comme un hommage à ta vertu naissante.

Adieu, chère Angèle, Adieu !

Il s’agit vraisemblablement Angèle PARIS, née en 1901. Des paroles semblables furent malheureusement à nouveau prononcées, la même année 1913, pour Florestine (Florestine BRAILLY, née vers 1903/04 ?)

Réprimande d’un père, 1913

Permettez à l'enseignant que je suis de s'interroger... Peut-on imaginer, aujourd'hui, des courriers tels que ceux-ci ?

« Monsieur,

Selon votre désir insolemment exprimé, je vous réponds immédiatement.

Sachant comment vous avez jusqu'alors manqué à vos devoirs de père en violant sans cesse la loi sur l'obligation scolaire, votre attitude incorrecte de ce jour ne m'étonne nullement.

Victorice devrait, conformément au règlement des écoles se procurer les livres choisis par le maître ; il n'en a aucun.

Il devrait, afin de se soumettre à la discipline indispensable aux progrès des élèves, savoir chaque jour ses leçons ; il n'en sait aucune.

Mon devoir est de lui infliger des retenues ; je remplis mon devoir. Que chacun fasse le sien.

Assuré que ces explications vous suffiront, je vous prie de croire à mes sentiments toujours dévoués.

P. Lejeune »

L'enfant cité est vraisemblablement Victorice Cailly, né à Long en 1901, demeurant aux Moulins-Bleus avec ses parents.

Réponse à une demande d’admission (27 octobre 1913)

Réponse à un père de famille demandant l'admission de sa petite fille à l'école. Il s'agit probablement Madeleine Sailly, née en 1906, sœur d’Eugénie née en 1904, petites-filles d’Alfred Cagé, tisseur chez Saint-Frères, demeurant rue du Pont à L'Etoile. Les Moulins-Bleus, le 27 octobre 1913.

« Monsieur,

J'ai été heureuse d'apprendre votre résolution de faire fréquenter à Madeleine l'école des Moulins-Bleus.

Je vous prie de croire qu'elle recevra le plus sympathique accueil de ma part et de celle de ses nouvelles compagnes.

Je ne veux pas approfondir les motifs pour lesquels sa soeur aînée n'est pas venue à moi et je sais apprécier vos scrupules délicats et légitimes, mais je suis péniblement surprise que vous craigniez ma rancune et doutiez ainsi de mon souci d'équité.

A la pensée que vos enfants quittaient chaque jour la section des Moulins-Bleus pour se rendre dans une école éloignée, j'ai souffert dans mon amour-propre professionnel ; mais aujourd'hui, je ne puis que me réjouir de voir cette situation prendre fin.

Je vous prie donc de croire, Monsieur, à toute ma sollicitude pour Madeleine et à mes sentiments dévoués à l'égard de votre famille.

Berthe Lejeune »

Mme Vasseur, Anciens et Anciennes élèves (1914)

Remerciements adressés à une amie des Anciens et Anciennes Elèves.

Madame, permettez-moi de me faire l'interprête des Anciens et Anciennes Elèves pour vous renouveler l'expression des bons sentiments que nous nourrissons à votre égard.

Derechef, vous avez cette année manifesté hautement votre sympathie pour notre œuvre et n'avez rien négligé en vue de nous assurer le succès.

C'est en grande partie grâce à vous que nos soirées ont eu un éclat qui dépassait nos espoirs, et si je ne cherche pas par des mots flatteurs à vanter votre dévouement, nous avons cependant conscience de la somme de fatigues et de dépenses que vous ont occasionnées les costumes et les décors que vous avez mis à notre disposition.

... Nous vous prions d'accepter ce présent [non spécifié] comme un gage de notre gratitude. L'objet lui-même ne saurait indemniser votre générosité, mais il sera surtout le témoignage de la sympathie que vous avez su nous inspirer à tous.

Veuillez l'accepter aussi, chère Madame, comme un souvenir de la jeunesse des Moulins-Bleus parmi laquelle votre nom restera si populaire et qui s'écrie aujourd'hui dans un sincère élan de cœur :

Vive Madame Roussel !

Lettre de Paul Lejeune à ses enfants (13 août 1914)

Certainement la première lettre écrite par P. Lejeune à ses deux fils, Michel et Max, 7 ans et 5 ans, durant la Première Guerre mondiale. L'instituteur n'oublie pas son rôle, mais la tenue du combattant est détaillée sans enthousiasme...

En campagne, le 13 août 1914.

Michel et Max,

Votre maman a dû vous dire que la France est en guerre avec l'Allemagne. Les soldats français et allemands se sont déjà battus à l'aide de canons, de fusils ou de baïonnettes. Comme tous les hommes valides j'ai dû prendre les armes, mais je suis loin des lieux où le canon tonne. J'ai revêtu le pantalon rouge et la capote bleu ; j'ai un fusil, une baïonnette et 104 cartouches ; je porte un sac sur le dos et je vais à l'exercice. Je mange à la gamelle et couche la nuit sur la paille dans une grange avec beaucoup d'autres soldats. Je ne sais pas si la guerre durera longtemps ; je crains de ne pas vous revoir avant plusieurs mois. Aussi je vous recommande d'être sages et d'obéir à grand'mère, à ma tante et à maman. Je serais très content d'apprendre que vous lisez et écrivez chaque jour.

Dites à maman de m'écrire maintenant à l'adresse suivante : Mr Lejeune, Sergent à la 10e compagnie du 12e territorial, 161e brigade de campagne, par Amiens, Somme.

Embrassez bien pour moi grand'mère, ma tante et maman. Je vous embrasse aussi. [Signé :] P. Lejeune.

Carte postale de Paul Lejeune (début août 1914 ?)

Carte postale non datée représentant la mairie de Gaillefontaine, adressée à Berthe Crognier, son épouse restée seule institutrice aux Moulins-Bleus. L'arrivée des troupes allemandes à L'Etoile semble imminente.

« Avant de nous quitter nous avons envisagé les évènements possibles de demain. Je crois me rappeler que je t'ai recommandé le plus grand calme. N'oublie pas tout d'abord que ton devoir de fonctionnaire est de ne quitter ton poste qu'au dernier moment. Mais tu as également de grandes obligations envers nos chers petits : tu dois les mettre à l'abri du danger. Toutefois j'aime à croire que tu ne seras pas victime de l'affolement général et que tu ne quitteras les M(oulins) Bl(eus) ou le C(atelet) qu'à la dernière extrémité... »

Lettre de Berthe Crognier (15 août 1914)

Lettre de Berthe Crognier, institutrice, à son mari sous les drapeaux. La solidarité s'organise pour s'occuper des enfants afin que les activités des adultes présents puissent continuer.

… « Je viens d’avoir la visite de Mme Beaudelot qui est venue voir ce que nous devions faire. Nous allons garder les enfants à partir de 2 ans pour permettre aux parents d’aller à l’usine ou de faire la moisson. Comme nous sommes deux, nous nous relaierons.. Les inspecteurs ont ordre de visiter ces garderies. »

Lettre de Berthe Crognier (19 Août 1914)

Mise en place de la gestion de 90 à 100 élèves, et autres activités. Préoccupations concernant la prochaine rentrée scolaire, en octobre 1914.

… « Comme je te l’ai déjà dit, nous avons été priés de garder les enfants pendant que les parents sont occupés. J’assure le service durant cette semaine, c’est à dire du 16 au 22, Mme Beaudelot le fera du 24 au 29 ; nous pourrons ainsi avoir une semaine de libre sur deux. Ces trois derniers jours, j’ai compté entre 90 et 100 élèves, garçons et filles. Tes garçons, même de grands, se sont présentés. Loin de les renvoyer, je les ai acceptés avec plaisir en souvenir de mon cher Paul ; il me semble que de ces enfants émane quelque chose de toi et je ne me lasse pas de leur faire répéter les morceaux de récitations et les jolis chants guerriers que tu leur as appris. Ils passent une bonne partie de la journée à faire de la charpie. Chaque jour je donne aux plus vieux lecture du Journal pour les tenir au courant des faits ; je leur parle de toi, de tes occupations comme sergent et je constate avec plaisir que cela les intéresse.

Durant ces exercices, j’ai pour fidèle compagne Melle Fourquer qui s’est associée à moi pour la quête, pour la confection de bandes destinées aux blessés, pour le raccommodage de draps que nous allons envoyer à Amiens avec une somme approchant 100 frs.

Nous avons installé 5 de mes tables de classe et 6 bancs sous le préau ; nous sommes là très bien. Quand nous aurons achevé nos travaux pour les blessés, je me propose de faire travailler un peu les plus grands de nos élèves. Quelques exercices de calcul et d’orthographe ne pourront que leur être profitables ; je crains que Mme Beaudelot n’ait fort à faire avec une telle bande, mais elle s’en tirera comme elle le pourra. Il ne faut pas perdre de vue que nous organisons là une simple garderie et qu’une note de l’Académie nous laisse toute latitude sur le genre d’exercices ; une personne non brevetée peut remplir l’emploi. Il paraît que les classes seront rouvertes en Octobre comme il a été décidé. Les instituteurs mobilisés seront remplacés par des intérimaires ; les élèves maîtresses de l’E.N. ont déjà été avisées qu’elles seront déléguées dans des écoles de garçons. »…

Lettre de Paul Lejeune (blessé le 12 novembre 1914)

Document historique. Paul Lejeune a été blessé le 12 novembre 1914 dans une tranchée à Nieuport [Niewpoort, Belgique], lors d’une attaque de l’ennemi. Le 15 novembre, il écrit à sa femme, Berthe. Extrait :

 

« Le capitaine ayant obstinément défendu de faire feu les Allemands parvinrent à prendre notre refuge en enfilade. Nous fûmes alors obligés de nous retirer sous une pluie de balles. En 10 secondes, je vis 5 soldats tomber inertes, sans un cri sur la route. C’était la retraite. Un quart d’heure plus tard, j’étais moi-même frappé d’un éclat d’obus à la jambe gauche. Je tombai dans un endroit isolé sans trop souffrir d’abord, la jambe simplement engourdie. Mais bientôt je constatai un abondant écoulement sanguin. Bien que mes forces m’abandonnassent je me fis un pansement sommaire. Entre temps j’appelai à mon secours mais personne ne vint. … Enfin le 13 vers 5 heures du matin je vis approcher une troupe et coïncidence extraordinaire cette troupe était la 10compagnie du 12e territorial, ma propre compagnie qui revenait du combat. Le capitaine et le lieutenant m’adressèrent quelques paroles, 4 soldats s’emparèrent de moi et me transportèrent dans une ambulance située à 5 km de là. Enfin j’étais sauvé. Quelques heures plus tard après un nouveau pansement je fus transporté en automobile de Nieuport à Furnes où l’on me déposa à l’ambulance n° 4. Là les médecins majors me firent des points de suture aux deux plaies. Je suis ici couché depuis ce temps en bonne voie de guérison et attendant impatiemment mon transport en France… »

Permission de convalescence (P. Lejeune, 16 avril 1915)

Lettre à un soldat en campagne. Les Moulins Bleus, le 16 avril 1915.

Cher Monsieur Vasseur,

Nous avons appris par votre dame à quels dangers vous avez échappé. Enfin, après huit mois et demi de guerre, vous êtes absolument indemne ; nous vous en félicitons et formons le bien sincère souhait que le conflit actuel arrive à son terme sans que vous ayez davantage à souffrir.

... Quant à moi, en dépit de cinq mois de repos et de soins, je suis toujours un éclopé, une lamentable épave. Cependant mon congé de convalescence expirant le 29 avril, je songe chaque jour à la prochaine entrée peu triomphale que je ferai au dépôt de Morlaix, appuyé sur une béquille et une canne... P. Lejeune.

Paul Lejeune a gardé toute sa vie des séquelles de cette blessure et on l'a toujours vu boiter.

Demande de mutation (Berthe Crognier, 1920)

Berthe Crognier, institutrice titulaire chargée d'école, avait occupé des postes à Epehy et Montonvillers (stagiaire), avant d'être titulaire à Flesselles, puis nommée au Moulins-Bleus (16 août 1909). Après 17 années et 2 mois de service (dont cette 12e année en cours aux Moulins-Bleus) , son salaire était de 6100 francs, auxquels s'ajoutaient 300 francs d'allocation par M. Saint. Elle désirait un poste aux environs d'Amiens, afin de faire suivre à ses garçons les cours du lycée.

Inauguration du Monument aux Morts (17 juillet 1921)

La Première Guerre mondiale est terminée. Paul Lejeune a repris ses activités d'instituteur aux Moulins-Bleus mais, blessé durant la guerre (entre le 16 et le 22 novembre 1914), il en a gardé des séquelles. Pour d'autres c'est la vie qui est partie, celle d'un époux, d'un fils ou d'un ami.

Lire le discours

 

Tous ces documents proviennent de la Collection Danièle Lejeune. Tous nos remerciements.

Dernière mise à jour de cette page, le 8 décembre 2006.

 

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