L'ETOILE ET SON HISTOIRE par Ghislain LANCEL |
Le registre municipal de Bouchon, concerne bien souvent aussi L'Etoile. Travaux de voierie, plainte d'un habitant d'un village contre celui du village voisin, réquisitions après la Révolution, taxe Prussienne, etc., les sujets ne manquent pas. En 1827, le curé de L'Etoile officiait également à Bouchon et l'église de L'Etoile devait être restaurée. L'Etoile sollicitedonc la commune de Bouchon pour une participation financière à ces travaux. Mais voilà, Bouchon voudrait bien aussi restaurer son église ! Payer, oui, mais pour son église et pas celle de L'Etoile, le conseil, assisté des plus forts contribuables de Bouchon, vote le refus !
[P. 110-112 ( 26 mars 1827)] L’an mil huit cent vingt sept, le vingt sixième jour du mois, le conseil municipal de la commune de Bouchon, sous la présidence de monsieur le maire, au nombre de huit, et assisté conformément aux article 39 & 40 de la loi du 15 mai 1818 des plus forts contribuables au nombre de dix, sur la lettre du secrétaire général de la préfecture, sous préfet de l’arrondissement d’Amiens en date du 4 de ce mois, par laquelle le conseil municipal est appelé à voter avec l’injonction des plus forts contribuables, une imposition extraordinaire de 1261 francs et 98 centimes pour la cote part de la commune dans les travaux à exécuter pour la réparation de l’église de L’étoile.
Vû pareillement le devis de la délibération du conseil municipal de la comune de L’étoile annexé a la dite lettre, considérant que Bouchon a aussi une église qui a besoin de réparation, que la commune désire la conserver, qu’elle est entretenue par les habitants au moyen des cotisations volontaires, lesquels ont l’intention et ne perdent pas l’espoir de la revoir un jour comme elle a été durant le régime de Monseigneur Jean François Demandolx, évêque d’Amiens, ériger en succursale, que déjà la commune de Bouchon a été autorisée par monsieur le préfet suivant sa lettre du 27 janvier 1821 à faire une dépense pour leur église, acquitté par elle seule, que monsieur le curé desservant de L’étoile vient y dire la messe chaque dimanche et souvent dans la semaine y administrer tous les secours spirituels, pourquoy les habitants lui font un suplement de traitement de cent cinquante francs, considérant que la commune n’a aucune ressource, qui lui semble étrange de voter une imposition extraordinaire pour restaurer une autre église que la sienne, que les habitants de Bouchon ne fréquente pas l’église de L’étoile et que d’ailleurs sa grandeur est insuffisante pour la commune de L’étoile, puisqu’il est vrai que d’après la location des bancs il ne s’en trouve que pour placer environ les deux tiers des habitants dudit L’étoile , que cette dernière commune n’a jamais contribué en rien pour celle de Bouchon, que d’ailleurs L’étoile au moyen de ses ressources extraordinaires dans le tourbage peut facilemment faire face à la dépense totale, sans qu’il en coûte un centime à ses habitants, tandis qu’il n’en serait pas de même pour ceux de Bouchon, et dont portant il ne se plainiairent pas si c’etoit pour restaurer leur propre église, que la commune de Bouchon vient d’être autoriser à s’imposer extraordinairement pour la réparation de son école, et qu’elle se trouverait accablée d’imposition extraordinaire si on admetait la prétention des habitants de L’étoile d’après ce motif,
l’assemblé a été unanimement d’avis de refuser a voter cette imposition extraordinaire de 1251 francs 98 centimes proposé par les membres du conseil municipal et les plus forts imposée cy-après dénommer, les dits jour mois ans que dessus [Signatures].
Remerciements : Jacques Fouré (Relevé du registre municipal de Bouchon, communiqué tel que ci-dessus, le 30/08/2000).
Dernière mise à jour de cette page, le 8 novembre 2007.