L'ETOILE ET SON HISTOIRE par Ghislain LANCEL

Analyse des décès de 1903 à 2001

Les décès du XXsiècle à L'Etoile (de 1903 à 2001) totalisent 2550 actes. Chaque ligne du fichier réalisé étant divisée en 25 colonnes, ce sont donc 63 750 nouvelles cases qui sont accessibles sur ce site ! C’est un très long et pénible travail que de transcrire dans un fichier des données manuscrites lues sur des photographies scannées et visionnées sur un second ordinateur (les actes ne seront dactylographiés qu’à partir de 1964)… Et ce n’est pas tout, il a naturellement été nécessaire de relire, de vérifier, et de corriger dans la mesure du possible, mes diverses erreurs de frappe ou de lecture, ainsi que celles du secrétaire de mairie, tant pour les noms, les prénoms, que pour les dates ou autres lieux de naissance ou de décès. Ce fichier a donc été croisé avec celui des recensements, permettant d’ailleurs une amélioration sensible de ce dernier en ce qui concerne les lieux de naissances (village et département) ainsi que les identifications de personnes dont les prénoms usuels sont parfois si inconstants… Ce fichier des décès a aussi été mis en regard de celui des naissances à L'Etoile, lequel comporte mes mentions complémentaires de mariages et de décès, et là aussi il en est résulté de nombreuses améliorations et quelques corrections (nom d’un membre de la famille erroné, parents ou époux non dénommés et reconstitués, etc.)

Cette publication intégrale permet ainsi en cette année 2007 d’améliorer ou de corriger les données d’histoire locale, et d’abord de retrouver réellement tous les décès (les tables décennales présentant d'inévitables lacunes), et en particulier les décès transcrits à la suite des deux guerres mondiales, actes qui ne sont pas toujours dans la table décennale de la décennie de leur année de décès, ou qui sont très décalés (comme ces transcriptions en 1921 pour des décès de 1914)... Elle permet aussi de retrouver tous les Morts pour la France ayant eu un lien avec L'Etoile, et pas seulement ceux dont le nom est gravé sur le Monument… On y apprend aussi, par exemple, que lors de la Première guerre, des habitants d’Houplines (Nord) se réfugièrent à L'Etoile et y restèrent (Alsberghe, 1919).

Les instituteurs, parfois témoins d’un décès par semaine, témoignent ainsi de leur rôle social dans le village. Leur signature comme témoin est aussi pour nous un moyen de détecter leur présence, ou leur absence pour cause de mobilisation, impliquant alors une vraisemblable vacance de l’école durant cette période (Arthur FOURNIER, Gaëtan MELLIER, ce dernier étant donc certainement l’instituteur photographié sur la CP 43). Et n’oublions pas le garde-champêtre, encore plus souvent témoin, parfois de service chaque jour… (Artémis DULIN, Robert MORVILLEZ). Marceau Lagache, lui, semble témoin des locataires du château, comme pour le décès de François Ambroise TOULET "décédé à son domicile, au château de L'Etoile" (1922). Le garde-champêtre fera de même, plus tard (en 1941/42). De manière positive ou négative, cette liste des décès contribue également à la reconstitution du recensement de 1954 (en cours), tristement perdu par l’administration… Quant à celui de 1921, ou les femmes n’y sont mentionnées que par leur nom marital, il a vu 4 nouvelles épouses retrouver leur nom de jeune fille, et 3 noms présumés corrigés.

Durant ce siècle, on compte 436 transcriptions, mais évidemment il en manque encore, y compris pour les Mort pour la France ! A partir de 1979 ces transcriptions deviennent si nombreuses que l’on n’a retenu dans ce fichier qu’un minimum d’informations. Les nombreux décès au 109 de la rue St-Leu à Amiens, sont ceux à l'Hôtel-Dieu d'Amiens (aujourd'hui, zone universitaire). Il valait mieux éviter de finir ses jours à Dury (80), route de Paris, c’était l’asile psychiatrique, l’asile des fous comme on disait encore sans soucis de la nuance lorsque j’étais enfant… Les décès récents à Salouel (80) sont ceux à l’adresse du nouvel hôpital d’Amiens.

Certains faits relevés sont anecdotiques ou particuliers, comme les causes des décès, portées en marge au crayon des actes, à nouveau durant certaines périodes (1904 à 1907, et 1913 pour les années les plus complètes). Léon DUCROTOY, enfin identifié, est né à Flixecourt, avec la certitude que c’était bien le même homme qui était maire et directeur des Moulins-Bleus. A partir du 23 septembre 1939, ce n’est plus Eugène RICHARD, le maire, qui signe, mais Henri FOULON, adjoint. Un enfant (sans vie) est né sur le bateau « La Providence », de passage à L'Etoile (09/09/08). Arsène Trottier, célibataire, 69 ans, est décédé dans un étang, au lieu-dit déjà dénommé l'Etang Cornard ! (25/10/08). Bien plus éloigné de L'Etoile est le décès de Clovis Auguste PATRY à Saint-Jean-du-Maroni, en Guyanne Française ! (01/12/09). Noël Boquet est décédé en sa maison, où ça ? A l’Abbaye de Moreaucourt ! (03/04/11). La table annuelle de 1919 mentionne sans transcription que CARON Albert, est décédé à Hattencourt (24/11/19).

On remarque que de nombreux enfants meurent en bas âge ; très souvent ce sont des enfants naturels... On relève plusieurs noyades dans la Somme (parfois présumées), mais l’on ne sait généralement pas si ce sont des accidents, par exemple en montant ou en débarquant du bac ou du bâteau transportant les ouvriers, ou des « immersions accidentelles » ou bien encore des suicides, le corps ayant pu dériver durant plusieurs kilomètres : BEAUVAIS en 1912, 42 ans, natif d’Hangest, est mort aux Moulins-Bleus, lieu-dit Le Passage du bac ; MASSON est décédé en 1912, 33 ans, originaire de Picquigny, au lieu-dit la Station du Nautilus ; HAVET est morte en 1915, 69 ans, noyée (mention marginale), CAILLY en 1926, de Long, ALEXANDRE en 1828, d’Amiens, etc.

La première guerre perturbe pour longtemps la rédaction des actes ; on ne mentionne plus si l’enfant est naturel et l’on oublie bien souvent une donnée, la profession ou même le nom de la mère, parfois même il n’y a aucune mention des parents (François Jean Baptiste LEFEBVRE, et d’autres, en 1920), le plus incomplet étant l’acte de décès de Jean Baptiste SEIGNEUR, 83 ans, sans mention ni des parents ni du nom de l’épouse ! (10/03/20).

L’étude détaillée des actes de décès de L’Etoile permet aussi d’appréhender le développement de l’urbanisme. La Cité neuve est mentionnée dès 1920. Le lieu exact du décès (la rue, et le numéro lorsque l’habitation relevait de Saint-Frères) est précisé à partir de 1934. Les nouvelles rues, rebaptisées, apparaissent dès le 1er janvier 1984, et toutes les maisons du village sont enfin numérotées à partir du 1er janvier 1986.

Pour ce XXsiècle l’âge moyen des décédés était de 48,7 ans.

 

La consultation des registres concernés est autorisée, sachant que "conformément à l’article 197 de l’Instruction Générale Relative à l’Etat Civil, les copies intégrales des actes de décès pouvent être délivrées à tout requérant, sous réserve d’indiquer les nom, prénom et date de décès de la personne concernée" (données qui sont évidemment accessibles à partir les Tables Décennales) [Confirmation en a été donnée par courrier de la Direction de la proximité et des services à la population, en date du 23 janvier 2006].

Remerciements à Claude Deroletz qui a effectué en mairie de L'Etoile la totalité des prises de vues de ces décès du XXsiècle.

 

Dernière mise à jour de cette page, le 26 septembre 2007.

 

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