L'ETOILE ET SON HISTOIRE par Ghislain LANCEL

Dreux II d'Amiens (av. 1267-1275)

 

Dreux II d'Amiens, chevalier, fils de Jean et de Agnès d'Aubigny, sire de Vinacourt (Vignacourt), d'Aubigny (Pas-de-Calais) et de L'Etoile (jusqu'à l'investiture par son frère Bernard, le 2 janvier 1274), est décédé entre août 1283 et septembre 1284.

Son sceau avait été observé par Noulens (p. 131, avec représentation). On en connaît la description par une copie : Et scellé d'un grand sceau de cire jaune où est empreint l'effigie dudit seigneur Driex d'Amiens, estant à cheval, tenant de la main droite une espée et de l'autre l'escusson de ses armes. Et au dos dudit sceau sont aussy empreints ses armes [AN, Q/1/1547, copie de lettre du 16 mai 1277].

Dreux, vendit à Philippe le Hardi, roi de France, tous ses droits et suzeraineté provenant de ses ancêtres en la ville d'Amiens. La charte, datée de Fontainebleau, mars 1274, est conservée, avec son sceau appendu. Les armes sont représentées dans le contre-sceau par un écu à Trois chevrons de vair [N, p. 130,-131, qui cite AN, J 229, n° 19].

Voir : Armoiries d'Amiens

 

Généalogie :

Il épouse en premières noces Blanche de Salouel (Failloel, Folouel, etc.), décédée de maladie avant le jour des âmes (des morts) 1271 (2 novembre 1271) [N, p. 382], et en secondes noces, Jeanne de Picquigny [Jeanne de Boves d'après E 144, f° 113], vivante en 1280 (370/2).

Postérité du premier lit [N, p. 136-139] :

1 - Agnès, fille aînée (épouse Jean I de Varennes dès avant mars 1270), qui suivra ;

2 - Marguerite, dame de Ville, près Flixecourt, mariée en 1276 à Enguerrand de Fieffes ;

3 - Maroye (Marie), dotée des terres de Talmas et de Byres-les-Halloz, mariée avant 1292 à Thibaut de Pont-de-Rémy.

 

Dreux d'Amiens et L'Etoile

1267 (10 décembre, et non septembre) : Jeanne, comtesse de Ponthieu, accorde à Dreux (seulement dit Monseigneur) les droits de Justice sur ce qu'il tient d'elle en Ponthieu, et en particulier les Marais de L'Etoile [Brunel, p. 592-4]. Cette donation, très importante, mériterait un développement.

1270 (avril). Bien que ne se disant toujours pas seigneur de L'Etoile, il l'est implicitement : Drieux d'Amiens, Sgr de Vinacourt et de la Broye, reconnoit que les terres que Pierre de Moriancourt tient en Campvineman, les terres de Henry Mellet au même lieu, celles de Mgr Henry de Monflers à Rosianflos et audit Capvineman, celle de Jean le Messagier [On voit aussi que dans son testament Jeanne, contesse de Ponthieu, donne 40 sols à Robert le Messagier et à sa femme, le 19 juin 1276 (G 359, Invent. Série G, p. 127). Ce patronyme est encore cité en 1276 pour l'abandon d'un droit de terrage devant Moreaucourt] et d'Aleaume son frère (pour un fief autre que celui des Marais, puisque relevant de Saint-Ricquier ?), sont des fiefs de l'Etoile tenus de l'abbaye de St-Riquier, au mois d'avril 1270 [(Cartul. de l'abb. de S t-Riquier, fol. 301.) DV, 367/2. – BN, lat. 12890. – Hénocque, page 316].

1274 (2 janvier) : Dreux, cède 300 livrées de rentes en échange de pareille rente à Orrvile (Pas-de-Calais), que son frère Bernard avait hérité de leur père. Cette transaction est officialisée par deux actes, le premier pour ce qui relève du vidame d'Amiens, concernant le travers et les terre et bois du terroir de Vignacourt. On y remarque la réserve que Dreux obtient, sa vie durant, pour la chasse aux grosses bêtes (cerf, daim, porc, etc.) [AN, R1/35, art. 235]. Le second acte est relatif à ce qui relevait de l'abbaye de Saint-Ricquier, c'est à dire L'Etoile (sauf les Marais) [G 2231]. On découvre ainsi pour la première fois la composition de la seigneurie de L'Etoile (moulin, four, censives, etc.) À noter que la rivière et le pont ne sont pas cités, ce qui les associeraient au fief des Marais, et supposerait qu'une rivière parallèle fut creusée pour alimenter les moulins... [Voir aussi 368/1 et 3].

1274 (janvier v. s., donc 1275) : Dreux, seulement dit sire de Vignacourt, ratifie l'hommage de Jean son père sur les marais de L'Etoile [AN, R1/35, f° 67 v° (art. 232) – (368/2)]

1281 (mai) : Dreux demande au vidame qu'il reçoive l'hommage d'Agnès pour Vignacourt et Flixecourt (et donc pour les marais de L'Etoile ?) Il déclare "n'i puis estre presens" [E 111/1, deuxième lettre du vidimus]. Il serait donc gravement malade ? (ou dans le Pas-de-Calais, où il se trouve souvent cité dans des chartes).

Compléments :

1246 : cité pour St-Martin-aux-Jumeaux [N, p. 125].

1248 : sire de Vinacourt (363/6)

1248 (juin) : Le Comte de Ponthieu cède à l'abbé de Saint-Ricquier des hommages de Dreux [N, p. 125]. A développer ?

1252 : cité (364/4)

1254 : il a pour vassal Jean de Renauval (365/1)

1258 à 1266 citation [DV., p. 365]

1259 : échange à Canaples entre Moreaucourt et Pierre [N, p. 126].

1267 : don de haute justice par Jeanne (sur les marais) [N, p. 127] (366/1). Voir ci-dessus.

1268 : il a pour homme, Pierre (366/2-4)

1269 : cité (366/5)

1270 : cité (Drienon) (367/1)

1270 (mars) Testament de Dreux qui donne à sa fille Agnès (mariée à Jean de Varennes), vivier, château (formé d'un corps de logis et d'une tour), etc. à Flixecourt, et souhaite réunir le tout en cas de postérité d'Agnès [E 144, f° 112 v°.]. Mais Noulens dit qu'il y donne ses droits à Vignacourt [N, p. 128, 129, 381, 382, d'après Jumel, Vignacourt, p. 35 – Jumel, Flixecourt, p. 100]

1271 : cité (367/4)

1273 (et non 74 ?), 26 septembre : donation de la terre d'Aubigny (qui venait de sa mère, Agnès d'Aubigny) à Jean de Varennes, son gendre [ADP, A 21].

1274 : homme lige de Jean de Picquigny (367/5) ; il donne pour l'obit de ses père et mère (367/bas)

1274 (mars) : il rend à l'abbaye de Saint-Ricquier des fiefs situés vers l'Authie, en réparation des torts qu'il avait fait à cette abbaye [N, p. 384].

1274 (décembre) : il vend à Philippe le Hardi, pour 2800 livres, les honneurs et revenus transmis par ses ancêtres, princes et châtelains d'Amiens, original aux AN, Trésor des Chartes, carton 229, pièce 19, avec sceau. Ainsi, la monarchie, qui avait déjà accaparé le pouvoir du comte en 1117, ajoutait l'achat collectif obtenu du châtelain. Noulens donne (tirée de Thiery ?) la liste des produits qui transitaient, par voie terrestre et fluviale : fers, toiles, draperies, cuirs, bestiaux, pain, sel, laine, poisson et fruits. [N, p. 59, 60, 132, 133, et copie de l'acte p. 384-5].

1275 : cité (368/4)

1275 (avril) : Drix d'Amiens, dit sire de vinarcourt, approuve une donation faite à la maladrerie de Flixecourt par Renaud d'Amiens, sire de Vignacourt [!], d’une mine d’orge à prendre sur le moulin de Flessicourt [Flix., GG 17/1]

1276 : il ratifie une remise de champart devant Moreaucourt [AN, Q/1/1547]. Il en ressortirait que Moreaucourt et les environs relevaient de Vinacourt ou étaient en franc fief ?

1278 : cité (369/1), et en 1279 (369/2 et 5)

1279 : il cite son cousin Pierron [Pierre] (369/6)

1279 : cité en (369/7), cité en 1280 (369/bas et 370/1 et 370/2)

1279 : épisode de la coutume du cierge. Il transporta ce privilège à l'évêque en cette année, du consentement d'Agnès et Jean de Varennes, réitéré en oct. 1280 [N, p. 134, 135, et De Court, p. 540].

1278 (19 mars 1280) : il exempt les bourgeois de Montreuil des droits de péage et de travers sur Vinacourt et Freschicourt (n'y aurait-il pas aussi L'Etoile, comme en 1298) [MSAP, t. 25, p. 623, 633-4].

1280 (mars) : il fait alliance par mariage entre Jean, fils aîné et héritier de Jean I de Varennes et Agnès d'une part, et Jeanne, fille du vidame, d'autre part [E 111/1, première lettre du vidimus].

1280 (juillet) : Dreux rend un hommage lige au sire de Pequigni [AN, R1/35, f° 68 v° (art. 234).]

1282. Voir Jean de Varennes, chev., et Agnès, dame de La Broye sa femme, qui ratifièrent les lettres du mois de juillet 1280 par lesquels Drienon d'Amiens, chev., Sgr de Vinacourt, leur père, avoit fait foy et hommage lige au sire de Pecquigny.

1283 (août) : lettre qui voit Dreux accorder à Maroie et son époux Thibaut de Pont-Rémi leur part de la Seigneurie de Vignacourt [E 111/1, première lettre citée dans la troisième lettre du vidimus]

1284 (septembre) : Bernard réalise une vente de terre qu'il tenait de Dreux son frère, après le décès de celui-ci [DV, 370/4, d'après le cart. de Foulloy].

 

Abréviations

Noulens [N, p. ], très souvent cité pour les références auxquelles il renvoie, Dom Villevieille [DV, p.  (puis article)], De Court [DC, p. ].

 

Publication Ghislain Lancel, d'après des recherches effectuées avant 2008 (avant l'accès aux puissants moyens informatiques actuels...)

Première publication, le 28 octobre 2013. Dernière mise à jour de cette page, idem.

 

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