L'ETOILE ET SON HISTOIRE par Ghislain LANCEL

Les souterrains en contrebas de l'église

 

Tout promeneur parcourant l'ancienne rue d'Amiens depuis le carrefour du village (actuelle rue du 8 Mai) et levant les yeux sur les ruines de l'église de L'Etoile est immédiatement impressionné par sa position dominante sur le village et la vallée. Il découvre tout aussi vite que cette église fut construite en bordure d'une falaise abrupte, au calcaire bien apparent, et qu'en contrebas, tant au fond de la place du carrefour (Des Déportés et Résistants) que de la place voisine (Place Roger Minard, anciennement Place de la Musique), trois entrées de souterrains sont encore bien visibles.

 

  
Trois entrées de souterrains, place des Déportés et place R. Minard

Ces cavités sont obstruées, murées après quelques mètres et pare-éclats à l'entrée maçonnés lors de la Seconde guerre mondiale. Nul n'a de souvenir des souterrains qui les prolongeaient certainement jadis sous le Camp César.

Bien que semblant à l'aplomb de l'église, les cavités de la Place R. Minard en sont éloignées, à la verticale, d'au moins une dizaine de mètres. Concernant l'altitude, elles ne sont pas non plus au même niveau que la cavité découverte sous l'église. Pour être précis, en prenant comme référence le repère d'altitude 17,905 m placé sur le mur de la maison de M. Dupont, le carrelage de l'église se trouve à 46,74 m, le plafond de la cavité sous l'église à 37,39 m et son sol à environ 34,90 m, tandis que le sol des souterrains de la Place de la Musique, qui se trouve à environ 4 m au-dessus de la chaussée, n'est qu'à environ 22 m d'altitude ! La cavité sous l'église et les souterrains des places voisines du carrefour ne peuvent donc être reliés entre eux, la pente est trop forte (13 mètres de dénivelé), mais un escalier ne peut être totalement exclu.

L'enquête de 1944

Ces entrées, connues de tous et bien visibles, figurent parmi les résultats de l'enquête envoyée aux maires de la Somme en décembre 1944 (11 questions) : 1 entrée rue de Domart et 1 entrée rue d'Amiens ; plusieurs galeries à chambres ; les entrées ont été aménagées en abris contre les bombardements. La réponse est oui aux deux questions sur la communication avec un puits et avec des cheminées d'aération [!] Seul le texte libre est en partie nouveau "les souterrains s'enfoncent sous le Camp César. Ils sont en plusieurs endroits obstrués par des éboulements et jusqu'alors aucune recherche ordonnée n'a été entreprise. Une autre bouche se trouve aux Moulins-Bleus et rejoint, semble-t-il l'abbaye de Moreaucourt." [ADS, 103 T].

En 1948, F. Vasselle reprenait ces résultats, sans nouveautés, sauf peut-être que "Les galeries s'enfonceraient vers le nord sous le camp de César et communiqueraient (?) avec le "podium gaulois", puits sec pas très profond qui a du servir à remonter de la carrière les pierres pour l'église. Recherche à l'abbaye de Moreaucourt abandonnée assez vite, cave effondrée " [BSAP, t. 42, p. 368].

Voir aussi le Camps-César, rubrique Souterrains, souvenirs de Pierre Chevalier.

 

 

Remerciements : Jacky Hérouart. Photos Ghislain Lancel (sauf la dernière par J. Hérouart, printemps 2007)

Dernière mise à jour de cette page, le 10 juin 2007.

 

<< Retour : Accueil Souterrains